
Rêves : Quelqu’un se retrouvait hospitalisé, au son du refrain d’une chanson du Moyen-Âge, après avoir tenté de cacher la gravité de sa condition; puis, tout en sachant que c’était inutile, j’avais décidé de reprendre mes tentatives de faire éditer mes histoires et, pour une raison que j’ignore, je commençais par visiter une agence littéraire de langue anglaise, à la réception, j’apercevais un de ces livres inutiles expliquant “Comment trouver un agent”, je le lisais tout en sachant que c’était une perte de temps, puis on me tendait un petit bol de café à remettre à l’une des personnes vêtues de burnous blanc qui faisaient salon ensemble, je commençais par tendre le bol vers la mauvaise personne avant qu’on m’indique celle auquel le bol était destiné, cette personne tendait la main, je lui remettais, et je me suis réveillée.
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Pourquoi une chanson du Moyen-Âge ? Hier, les seules chansons dont il fut question sont l’une par Charles Trenet, “Y’a d’la joie”, titre prononcé de façon ironique à une ‘facebookeuse’ pour dérouter les algorithmes, puisqu’elle recevait des messages pseudo-préoccupés des algorithmes pour ses publications tristes — c’est le nouveau courant algorithmique, vu les poursuites intentées contre google dont le chatbot a incité une personne à se suicider — rien de tel qu’un message pré-programmé pour indiquer à quel point un fournisseur de service se préoccupe du bien-être de ses utilisateurs, n’est-ce pas ? (on peut trouver l’article au sujet de cette forme novatrice de “suicide assisté par chatbot” sur The Guardian).
L’autre chanson est en russe, elle reprend une partie d’un poème par Lermontov, interprété par dix jeunes hommes en Russie. C’est une version que j’aime beaucoup et en l’écoutant à nouveau, hier, je me suis demandée, au vu de la guerre que mène Poutine contre l’Ukraine, si tous ces jeunes hommes étaient encore vivants — ce qui est loin d’être une évidence. (Et ouh là — douleur et tristesse dans le poème de Lermontov, qu’est-ce que ça va déclencher dans un algorithme sans cerveau, n’est-ce pas ? L’arnaque débute par le mot les désignant comme “intelligence artificielle”. )
Les premiers mots du poème de Lermontov me font toujours penser aux premiers mots d’un poème de Mandelstam, acheté chez Steimatzky à Tel Aviv en version anglaise, et lu pour la première fois de nuit, sur un chantier de construction militaire dans le désert du Negev : “seul de nuit…”, dans le poème de Mandelstam, les étoiles étaient comme du sel sur l’eau glacée d’un puits dans la cour.
Dans Lermontov :
Je suis seul, je sors sur la grand-route
Le silex scintille dans la nuit,
Dieu repose et le désert écoute,
Et l’étoile pour l’étoile lui.
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*Traduction d’André Markowicz, à la page 512 de Le Soleil d’Alexandre, le cercle de Pouchkine 1802- 1841, Babel Actes Sud 2011
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Dreams : Someone was being hospitalised to the sound of a song from the Middle Ages, after attempting to hide the seriousness of their condition; then, even though well aware of how useless this would be, I had decided to pick up on my attempts to get some of my stories published and, for some unknown reason, I’d started by visiting an English language literary agency, at the reception, I caught sight of one of those useless books explaining “how to find an agent”, I read it even though I knew it was a waste of time, then I was handed a small bowl of coffee I was to hand over to one of the people dressed in white burnous and sitting together in a kind of salon, at first I handed the bowl to the wrong person before being shown the one the bowl was for, that person held out a hand, I handed over the bowl, and I woke up.
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Why a song from the Middle Ages ? Yesterday, the only songs in question were one by Charles Trenet “Y’a d’la joie” (There is joy), a title given ironically to a facebooker to put the algos off the scent, since she was receiving message of pseudo-concern by algorithms, because of her sad-sounding publications — it’s the new algorithmic trend, seeing the charges against google whose chatbot recently incited someone to kill himself — there’s nothing like a pre-programmed message to show how concerned a service provider is for the welfare of its users, right ? (the article on this novel kind of chatbot assisted suicide can be found on The Guardian).
The other song is in Russian, it is based on a poem by Lermontov and interpreted by ten young men in Russia. This is a version I like very much and listening to it again yesterday, I wondered if all those young men were still alive — given Russia’s war against Ukraine, this is far from being obvious. (And oy – pain and sadness in Lermontov’s poem, what will that trigger in an mindless algorithm, yes ? The scam begins by calling them “artificial intelligence”)
The first words in the poem by Lermontov always bring back to mind the first words in a poem by Mandelstam, bought in an English version at Steimatzky’s in Tel Aviv and read for the first time by night on a military construction project in the Negev desert : “Alone by night…” In Mandesltam’s poem, the stars were like rock salt on the icy water in the well.
In Lermontov :
Alone, I walk out on the road
The flint glimmers in the night
God is at rest and the desert listens
And stars shine out to one another.
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