17 janvier 2026

(Margarethe Gros Michealis Sachs, gravure de Thomas Hallon Hallbert)

Rêves : une voix, en anglais : “Did they have democracy in those days? No! They didn’t know the first thing about it! Democracy is woke bullshit! You let Democrats run the states and you get perversions and pedophilia you get smut you get anger!” (“Ils avaient la démocratie dans ce temps-là ? Non ! Ils n’en connaissaient même pas l’existence ! La démocratie c’est de la connerie ‘woke’ ! Vous laissez des Démocrates gouverner des états, vous vous retrouvez avec des perversions et de la pédophilie, de la porno, de la colère !”); puis, tous trois, nous devions nous suicider par noyade, moi d’abord, puis lui (qui ressemblait à l’historien Timothy Snyder), puis son épouse, mais elle décidait d’y aller la première, après quoi lui se jetait à l’eau, mais de bonheur et moi aussi, et voilà nous pouvions être ensemble et tant pis si tout le monde nous soupçonnait de l’avoir tuée, elle, nous savions que ça n’était pas vrai; puis, spectacle dans un théâtre, le public est assis dos à la scène qui sert d’espace de stockage pour les costumes, le spectacle est dans les cintres, des acrobaties sur échelles horizontales.

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Nul besoin d’être grand clerc pour deviner la source du premier rêve, après la traduction d’une chronique de Michelle Goldberg dans The New York Times, “The Right is Furious against Liberal White Women” (La droite est furieuse contre les femmes blanches libérales) : l’administration Trump et ses soutiens (des fascistes qu’ils appellent encore des conservateurs là-bas) se lancent dans une misogynie débridée contre les “femmes blanches libérales”, “woke”, résistantes, qui s’attaquent aux gardiens de l’ordre, et cetera. Une misogynie qui remonte au mythe d’Adam et Eve, décidément, pas de vraie surprise, au final pour eux, les femmes se trouvent toujours être la source de tous les problèmes, et ils trouvent même des femmes disposées à vomir toutes leurs horreurs.

Pour le deuxième rêve, les influences de la lecture d’Hamlet sont assez évidentes (quoique je ne me connaissais pas d’attirance amoureuse pour l’historien Timothy Snyder, les révélations de l’inconscient, tout de même…). Mais il y a surtout, je crois, le début de lecture de La Maison Vide de Laurent Mauvignier où la grand-mère du personnage-narrateur vient de lire Thérèse Raquin de Zola et de se rendre compte de son attirance pour son professeur de piano. (Non, je n’ai pas acheté ce livre : une amie en avait fait la demande à ses amis pour Noël, en a reçu deux copies et m’en a donné une.) Quant au public dans le troisième rêve, toutes avaient des têtes de compagnes dans le chorale La Rugissante, mais je ne sais pas à quoi correspondent ces échelles horizontales.

Mais je lis aussi 19 femmes par Samar Yazbek — 19 portraits de syriennes et de ce qu’elles ont vécu durant la révolution, résistantes coincées entre les règles de leurs familles conservatrices et celles que leur imposaient des combattants de plus en plus gagnés par la présence de Daech, financé par les d’autres états arabes. Cette peur et cette haine profondes qu’opposent les hommes à la liberté des femmes…Les humains parviendront à s’en libérer avant qu’il ne soit trop tard ? Cette dinguerie me semble vraiment être à la racine de toutes les autres.

(Illustration : Margarethe Gros Michaelis Sachs (1902-1985) anarcho-syndicaliste et photographe)

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Dreams: a voice in English: “”Did they have democracy in those days? No! They didn’t know the first thing about it! Democracy is woke bullshit! You let Democrats run the states and you get perversions and pedophilia you get smut you get anger!”; then, all three of us had decided to commit suicide by drowning, I was to go first, then him (he looked like Timothy Snyder, the historian), then his wife, but she decided to go first, after which he jumped into the water, but out of happiness and so dit I, at last we could be together and so what if people suspected us of having killed her, we knew it wasn’t ture; then a show in a theater, the audience sat with their backs to the stage that served as a stockroom for costumes, the show was up in the rafters, acrobatics on ladders laid out horizontally.

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No need to be a great scholar to guess the source of the first dream, following the translation of a column by Michelle Goldberg in The New York Times, The Right is Furious against Liberal White Women : the Trump administration and its supporters (fascists they still call conservatives over there) launch unbridled misogynistic attacks against “white Liberal women”, “wokes” of the woke resistance attacking the keepers of law and order, etc. A misogyny the roots of which go back to the myth of Adam and Eve so, no real surprise, women always end up being the convenient source of all their problems, and they even find women willing to spew their horrors for them.

For the second dream, the influences of reading Hamet are pretty obvious (although I was unaware of any romantic inclination for the historian Timothy Snyder, such revelations from the unconscious…). But maintly I think, the beginning of reading Laurent Mauvignier’s La Maison Vide (The Empty House) where the narrator’s grandmother has just read Zola’s Thérèse Raquin and become aware of her attraction to her piano teacher. (No, I didn’t buy this book: a friend had asked her friends for it as a Christmas gift, received two copies and gave me one). As for the public in the third dream, they all looked like my companions from the days when I sang with La Rugissante, but I don’t know what the horizontal ladders are supposed to men.

But I’m also reading 19 femmes by Samar Yazbek — 19 portraits of Syrian women and what they lived through during the revolution as resistants caught between the rules of their conservative families and those imposed by fighters constantly more influenced by the presence of ISIS, financed by other Arab states. Those deep fears and hatred men use against their freedom…Will humans manage to free themselves of it before it’s too late ? That madness really strikes me as being as the root of all the others.

(Illustration : Margarethe Gros Michaelis Sachs (1902-1985) was an anarcho-syndicalist and photographer)

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