9 janvier 2026

Rêve : Je devais me rendre au collège pour y recevoir un prix, il était 20h , la cérémonie était prévue pour 22h, on recommandait une “tenue de soirée”, je n’avais rien de tel, de toute façon, je ne voyais pas pourquoi je m’habillerais de façon spéciale, le prix, me disait-on , consistait en 7 médailles de fer blanc et d’une statuette en plâtre.

Au lieu de quoi, le rêve se poursuit jusqu’à ce que je sorte du sommeil passé 9:30.

Camille a dû se désister hier; partie remise à lundi prochain pour le travail conjoint sur L’Horloger des Brumes. Le citronnier est mort de froid. Je passe un long moment en réflexion, tout en démêlant une pelote de fil de soie, attrapée par Rosa. Ce que les femmes ont dû en faire des réflexions, pendant tous ces siècles à filer le chanvre, le lin, le coton ! Surtout en tentant de comprendre des relations embrouillées. Pour certaines d’entre elles, on peut en venir à comprendre certains comportements, sans pouvoir y changer quoi que ce soit. Pour d’autres comprendre un comportement modifie un agacement profond en compréhension qu’on y peut rien changer. Je pense à ma fille, bien sûr, mais aussi au comportement de quelqu’un tellement avide de reconnaissance qu’il en fait trop, constamment, au point d’en être agaçant, et quand il constate l’agacement, il le comprend mal, et en rajoute à ses sollicitations, jusqu’à ce que quelqu’un l’envoie bouler; alors, il se plaint, injurie la personne qui n’a pas été gentille avec lui, dit à quel point les gens sont méchants, parle de tout ce qu’il a fait pour les autres. Il me fait l’impression d’un gamin mal aimé, constamment rabroué, et qui n’a jamais appris à s’arrêter pour comprendre que la reconnaissance, c’est comme pour le bonheur, il n’y a pas à le chercher — et surtout pas auprès de ceux qui n’en ont pas à vous donner. (Chose que je n’ai jamais comprise dans la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, cette fameuse “poursuite du bonheur” comme objectif collectif. Le bonheur de qui ? Sous quelle forme ? Chose certaine, le “bonheur” des Trump et affidés n’a rien à voir avec le bonheur de ceux et celles cherchant à vivre à peu près tranquilles. Cette pelote de fil-là n’est pas sur le point de se désembrouiller.)

Dans L’Horloger des Brumes, l’Ogresse réfléchit, en route pour revoir son frère. Dans la “vraie vie,” la Poste m’annonce l’arrivée imminente d’une colis depuis les Editions Mesures.

Tourne dans ma tête : “Why do the nations so furiously rage together ? and why do the people imagine a vain thing ?” (dans le Messie de Handel.)

Je poursuis aussi la traduction de la conclusion dans The Dawn of Everything de Graeber et Wengrow. (Le livre a été traduit en français mais je n’ai pas les moyens de l’acheter, de un, et surtout, le fait de traduire quelque chose, c’est ma façon de mieux comprendre des pensées qui m’importent. Dénouer les fils emmêlés d’une langue à l’autre, si on veut, déceler les endroits où le sens prend une direction différente.)

*

Dream: I was to go to the college to receive a prize, it was 8 PM, the ceremony was planned for 10 PM, “evening wear” was recommended, I had nothing of the kind, besides, I couldn’t see why I would dress in a special way, the prize I was told consisted of 7 tin medals and one plaster statuette.

Instead of which, the dream continues until I emerge from sleep, past 9:30 AM.

Camille had to cancel yesterday: appointment pushed over to next Monday for the joint work on LrHorloger des Brumes. The lemon tree died, killed by the cold. I spend a long thoughtful period unravelling a ball of silk thread Rosa had gotten hold of. So many thoughts women must have had during all those centuries of spinning hemp, linen, cotton ! Especially when attempting to understand snarled relationships. For some of them, you can reach a point of understanding some behaviors, without being able to do a thing about them. For other, understanding a behavior modifies the deep annoyance into understanding you can’t do a thing about it. I think of my daughter, of course, but also of the attitude of someone who is so avid for recognition that he constantly does too much to the point of being annoying, which he doesn’t understand, but seeing the annoyance, he constantly overdoes his sollicitations until someone becomes exasperated and tells him to get lost; then he complains insults the person who wasn’t nice to him, moans about how nasty people are, mentions everything he’s done for others. He strikes me as one who was not much loved as a child, constantly being scolded, and who never learned to stop and think about the fact gratitude is like happiness, not things you should seek out — and especially not from people who have none to give you. (This is something I’ve never understood about the American Declaration of Independence mentioning that famous “pursuit of happiness” as a collective objective. Whose happiness ? Taking what shape ? One thing is certain, “happiness” for Trump and his affiliates has nothing to do with the happiness of those simply wishing to live more or less quietly and peacefully. That ball of string isn’t about to become disentangled.

In L’Horloger des Brumes, the Ogress is thinking, on her way to see her brother again. In “real life”, the postal service announces the imminent arrival of a parcel from Editions Mesures.

Playing in my head : “Why do the nations so furiously rage together ? and why do the people imagine a vain thing ?” (Handel’s Messiah).

Je poursuis aussi la traduction de la conclusion dans The Dawn of Everything de Graeber et Wengrow.

I’m also moving on with the French translation of the conclusion in Graeber and Wengrow’s The Dawn of Everything. (The book has been translated into French but I can’t afford it, for one, and translating is my way of deepening my understanding fo those thoughts that matter to me.) Unraveling the snarled threads between one language and another, if you will, detecting the spots where meaning takes off on another path, if. you will.

4 comments

  1. “le fait de traduire quelque chose, c’est ma façon de mieux comprendre des pensées qui m’importent. Dénouer les fils emmêlés d’une langue à l’autre, si on veut, déceler les endroits où le sens prend une direction différente”
    je ne suis pas traducteur, mais je suis totalement d’accord ; lire (même dans sa langue natale) en prenant des notes, en essayant de comprendre les articulations et la structure du texte, c’est une toute autre lecture que le simple survol plaisant (que je pratique aussi, je ne suis pas un héros).

    Like

Leave a comment