
Rêves de types évanescents. À 6h40, je referme les fenêtres en prévision de la chaleur.
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Ça me fait toujours un effet curieux lorsque sur la page des “statistiques” de ce blog, je vois que la veille, on aurait consulté ce blog depuis la Chine. Vu le contexte politique, la notion d’une visite par un fureteur automatique me paraît à la fois crédible et insensé. Pour contrer le malaise, j’ouvre au hasard ma copie d‘Ombres de Chine, et je tombe sur le premier poème (Printemps)dans la série La Terrasse de Yen par Li Shang-Yin (812-858). Ma copie comporte deux phrases soulignées : l’une dans le poème lui-même au sujet de l’abeille au “coeur aromatique Connaissant le plaisir de chaque feuille“; et cette autre dans l’introduction, décrivant son oeuvre “comme une espèce d’espace résonnant pour la voix d’une mémoire.”*
*André Markowicz, Ombres de Chine, Douze poètes de la dynastie Tang (680-870), éditions inculte/dernière marge 2018
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Mais la première référence à la Chine dans ma journée, je l’ai rencontrée dans l’infolettre du Kyiv Independent au sujet de la Chine se joignant aux manoeuvres militaires du Belarus sur la frontière, puis sur la déclaration des dirigeants de l’OTAN réunis à Washington, accusant Pékin de “jouer un rôle déterminant dans la guerre menée par la Russie en Ukraine.” Et hier, dans l’un des journaux – je ne sais plus lequel – une information sur la campagne pour renommer toutes les villes et villages ouïghours avec des mots chinois, tel “Bonheur“, “Prospérité”, “Paix“, “Sagesse“…
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Bonjour le jour. Il y a 55 ans à la même date, épuisée et intimidée, je recevais le premier regard de l’enfant dont je venais d’accoucher. Un regard d’un bleu profond, sans le moindre vacillement. De toute évidence, la personne que je tenais dans mes bras n’était pas une mauviette. J’ai trouvé ce regard impressionnant, c’est indéniable. Il n’avait rien des roses bonbons attribués aux petites filles.
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11 juillet 2024. Je ne porte pas grand intérêt au tiraillements entourant les recompositions d’alliances suite aux élections législatives. Ils sont à l’image de la mauvaise foi patente, la même qui, aux élections précédentes, s’est appuyée sur une mobilisation à gauche pour renforcer l’union des droites. Mes réflexions sont complètement à un autre niveau – celui des avancées à poursuivre dans un climat aussi délétère. Et c’est bien de cela qu’il était question dans ces rêves qui ont préféré la discrétion toujours possible dans le cerveau, encore hors d’atteinte des fureteurs automatiques.
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Evanescent type dreams. At 6:40 AM, I close all the windows in anticipation of the heat.
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It’s always an odd feeling when on the ‘statistics’ page of this blog, I see that on the previous day, someone consulted this blog from China. Given the political context, the notion of the visit by a digital browser strikes me as both credible and insane. To counter the unease, I open at random my copy of Ombres de Chine (Shadows of China) and come across the first poem (Spring) in The Yen Terrace by Yen par Li Shang-Yin (812-858). My copy has two underlined sentences: one in the poem itself concerning the bee with an “aromatic heart that knows the pleasure of each leaf“; and this other in the introduction, describing his work “as a kind of resonation chamber for the voice of a memory”.
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But the first reference to China in my day, I found in The Kyiv Independent newsletter concerning China joining Belarus in military maneuvers on the border, followed by the declaration by NATO leaders in Washington, accusing Pekin of being “a decisive enabler of Russia’s war in Ukraine“. And yesterday, I no longer remember in which newspaper, an information on the campaign underway to rename all Uighur towns and villages with Chinese words, such as “Happiness“, “Prosperity”, “Peace“, “Wisdom“…
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Greetings to the day. 55 years ago on this same calendar day, both exhausted and intimidated, I received the first gaze from the child to which I had just given birth. A gaze of a deep blue without the slightest waver. Clearly, the person I was holding in my arms was no wimp. There’s no denying I found that look impressive. It had nothing about it of those candy pinks attributed to little girls.
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July 11 2024. I’m not terribly interested in the push and shove surrounding the recomposition of alliances following the legislative election. They are in the image of obvious bad faith, the same as the one at the preceding elections, making use of a mobilisation on the left in order to reinforce the union among the various right-wing parties. My reflections are on a totally different level – that of how to go on pursuing f progress in such a noxious atmosphere. And that is truly what those dreams were about with their preference for the discretion still possible within the brain, still out of reach of automated browsers.
je découvre que je suis né le même jour que votre fille, quelques années avant elle. Je ne sais pas trop ce que pourrait vouloir dire ce hasard face à l’état (douteux, pour dire le moins) du monde, mais je décide de le prendre pour une bonne nouvelle.
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Tout à fait ! et elles sont toutes bonnes à prendre et même, à créer au besoin 🙂 Bon anniversaire et bonne santé à vous ! Je ne passe pas souvent vous “rendre visite” sur votre site; ne vous en faites pas pour si peu, je passe beaucoup de temps à traduire, et je ne suis pas très “sorteuse” dans l’espace numérique, hors les informations politiques…
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Merci beaucoup ! Pas de souci pour les “visites”, je viens vous lire égoïstement, pour mon plaisir, pas en escomptant une “contre visite”. Je ne suis pas très fan de cette coutume des blogs qui est un peu hypocrite.
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🙂
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et puis… il y a bien un mois que je n’ai rien écrit 🙂
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