
Non, je n’avais pas de mots à rajouter en commentaire sur le texte d’André Markowicz, ce matin. Le texte se suffisait à lui-même et qu’aurais-je à dire de moindrement utile à l’annonce de la mort d’une personne ayant tellement de valeur à ses yeux et à ceux de Françoise Morvan. J’ai laissé ce soin à d’autres. Par contre, comme il mentionne que c’est chez cet homme que Françoise Morvan avait traduit en français contemporain les Lais de Marie de France, je ressors ses fables*, sous forme d’accompagnement à distance.
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La page facebook locale où les gens s’échangent des recettes, des photos de classe de leur jeunesse, des souvenirs de l’avant qui était tellement mieux que le maintenant…et des bisous. Beaucoup de bisous virtuels. Déjà que je ne raffole pas de la manie française du bisou-bisou à tout propos, mais des bisous-bisous à la volée sur des messages facebook, au milieu des injures qui fleurissent comme pissenlits au printemps, le tout est du plus bizarre effet.
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La préoccupation qui m’a éveillée durant la nuit : la mention par un inconnu de la possibilité que la Russie utilise son mois à la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU pour se faire valoir en grand amateur de paix, en décrétant un cesser-le-feu unilatéral, plaçant l’Ukraine dans le rôle du va-t-en-guerre. Je ne connais pas le sérieux de cette éventualité, ni sa source, mais ça serait tout à fait dans le fonctionnement du Kremlin qui adore tordre la réalité pour en faire une arme retournée contre nous. Ou, pour reprendre la formule dans Le rêve dans le Pavillon Rouge de Cao Xuepin : “Quand on tient le faux pour le vrai, le vrai à son tour devient le faux ; si du néant on fait l’être, l’être à son tour devient néant.”
Un des jeux préférés de Vladimir Poutine.
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Visite médicale, assemblée de citoyens. La révision progresse, je réglerai les questions de mise en page, une fois terminé l’assemblage des diverses parties. Ce qui donnera une chronologie incomplète dans la première partie, complétée par les souvenirs de Pavel dans la seconde.
* Marie de France, Fables, traduction, présentation et notes de Françoise Morvan, Actes Sud, 2010
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No, I had nothing to add as a comment on André Markowicz’s text, this morning. The text was self-sufficient and what could I possibly say of any usefulness at the news of the death of a person of such value in his eyes and those of Françoise Morvan. I left that care to others. However, as he mentions that it was in this person’s home that Françoise Morvan translated into contemporary French the lays of Marie de France, I pull out her fables, as a sort of accompaniment from a distance.
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The local facebook page where people exchange recipes, school photos from their youth, their memories of a before that was so much better than the now…and kisses. Many virtual kisses. I’m not crazy about the French mania for kiss-kisses at every occasion to start off with, but finding them on facebook messages ? kiss-kisses galore; mixed in with insults that bloom like dandelions in the spring, the whole thing is most bizarre.
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The concern that woke me during the night: the mention by someone I don’t know of the possibility that Russia would use its month presiding the UN’s Security Council to show itself off as a great lover of peace, by decreeing a unilateral cease fire, leaving Ukraine in the role of the warmonger. I don’t know how serious an eventuality this is, nor its sources, but it would be in total agreement with the way this Kremlin functions, gleefully twisting reality into a weapon against us. Or, to use the formula in Cao Xuepin’s Dream of the Red Chamber: “When truth is held to be falsehood, the true then becomes the false; if the void is considered as being, being becomes the void.”
One of Vladimir Putin’s favorite games.
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Medical visit, citizens’ assembly. The revision progresses, I’ll solve the layout issues once I’m done assembling the various parts. Which will provide an incomplete chronology in the first part, completed in the second part by Pavel’s recollections.