30 janvier 2026

Rêve : Au sol, une accumulation de petits tapis, c’est celui au bas de la pile, un ovale beige et marron, qui est la source de l’énergie, je le retire pendant que deux personnes se trompent et en prennent d’autres qui sont inertes, celui que j’ai pris se transforme en photo de moi, enfant, portant un short et un t-shirt, un peintre travaillant sur un portrait dans une autre salle de classe me demande quel âge j’avais sur cette photo que j’ai affichée dans une autre salle de classe vide, je la regarde, je devais avoir 6 ou 7 ans, elle fut prise à Belle-Plage, au chalet de la grand-mère irlandaise, les autres tapis sans énergie ne se transforment en rien du tout.

(Mais quand je regarde les photos de mon enfance, il y en a bien une où je suis habillée ainsi, plus jeune (5 ans peut-être), en train de tenter de pomper de l’eau du puits, la photo dans le rêve n’existe pas où j’ai environ 6-7 ans, vêtue de la même façon à cet endroit et l’air sérieux.)

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Journée difficile hier. La situation financière devient désastreuse. Pour une raison que j’ignore, en l’espace d’un an, la part de ma retraite du gouvernement fédéral canadien à diminué petit à petit. Hier, en vérifiant mon compte bancaire, j’ai eu le choc de découvrir que la baisse en était à 113€ de moins, pour une raison inexplicable, la somme n’étant même plus suffisante pour payer le loyer. Je vais devoir contacter les services là-bas, durant leurs heures d’ouverture à eux pour essayer de comprendre à quoi cette diminution est due. Chose certaine, la part provinciale de la retraite (à peu près la moitié de la somme fédérale) ne suffira pas à couvrir les dépenses essentielles – eau, électricité – sans même parler de la nourriture et encore moins des “folies” tel que cet abonnement internet, téléphone, journaux, la nourriture et les soins vétérinaires pour le chat…

Misère de misère. Ça n’est pas la première fois dans ma vie que je dois gérer la pauvreté extrême; ça n’en devient ni plus agréable ni plus facile pour autant.

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Internet, réseaux sociaux. Hier, un bonhomme qui s’était levé du mauvais pied (mais peut-être est-ce le cas pour lui tous les matins ?) est allé déposé sa petite crotte dans les commentaires sur la page facebook d’André Markowicz. Ce dernier venait de publier sa traduction d’une poème par Wei Yingwu (737-791) et le râleur a décidé que cette traduction était “mauvaise” et “frôlait l’orientalisme”. Il m’a trop énervée alors je lui ai recommandé de lire Ombres de Chine et demandé aussi s’il était sinologue et connaisseur des règles de la poésie chinoise. Je ne m’attends pas à une réponse sensée, et n’ai aucune envie d’engager une polémique avec un imbécile mais, depuis hier, quand il me revient en mémoire, je me mets à chanter “Un homme sort de chez-lui, c’est très tôt le matin, c’est. un homme triste, cela se voit à sa figure…” Et pourquoi cet hommes est-il triste ? “Parce qu’il s’appelle Ducon.” Il aperçoit un vieux bottin mondain dans une boîte à ordure, le feuillette dans les D, “et son regard d’homme triste devient plus gai, plus clair, personne, vraiment personne, ne porte le même nom ! Je suis le seul Ducon, dit-il entre ses dents, et il jette le livre, s’époussette les mains, et poursuit fièrement son p’tit bonhomme de chemin.”

Y’en an vraiment beaucoup de ce genre, qu’ils s’appellent Ducon, ou pas.

Raison pour laquelle j’affiche ici cette image, trouvée dans une vieille revue (sans indication d’auteur): pendant que les autres s’engouffrent dans la forêt, à la suite du porteur de hache, ce Petit Poucet-ci sort du cadre en semant des cailloux, au cas où d’autres auraient l’idée d’en faire autant.

Reste juste au Petit Poucet — et à moi-même — de trouver accès au minimum vital, maintenant que l’IA m’a privée des derniers contrats de traduction qui permettaient de boucler les fins de mois.

Je poursuis lentement les révisions à L’Horloger ds Brumes.

L’écran déconne. Je ne sais pas si ceci apparaît comme publié ou pas. À peine 6h du matin et déjà la dose de soucis en est à “n’en jetez plus, la cour est pleine.”

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Dream: An accumulation of small carpets on the floor, the one on the bottom of the pile, oval, beige and brown, is the source of energy, I pull it out while two other persons make a mistake and take two others that are inert, the one I took transforms into a photo of myself as a child, wearing a pair of shorts and a t-shirt, a painter working on a portrait in another classroom asks me how old I was on this photo I’ve pinned up in another empty classroom, I look at it, I must have been 6 or 7, it was snapped at Belle-Plage, at the Irish grandmother’s cottage, the other carpets with no energy don’t transform into anything at all.

(But when I look at photos of my childhood, there is one where I’m dressed that way, younger (5, perhaps) trying to pump water from the well, the photo from the dream doesn’t exist on which I’m about 6-7, dressed the same way, looking serious.)

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Tough day yesterday. The financial situation is turning into a disaster. For an unknown reason, within a year, the share of my Canadian federal pension has been diminishing little by little. Yesterday, in checking my bank account, I had the shock of discovering that the dip now represented 113€ less, for some unexplained reason, making the amount insufficient to pay the rent. I will have to contact the services over there during their opening hours to try to understand what is causing this drop. What is certain is that the provincial share of the pension (about half of the federal amount) will not be sufficient to cover essential expenses — water, power — without even mentioning food, and even less “extravagant expenses” such as this subscription to internet, phone, newspapers, food and vet services for the cat…

Oy vey iz mir. This isn’t the first time in my life when I have to make my way through extreme poverty; which does not make it easier or more pleasant for all that.

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Internet, social media. Yesterday, some fellow who had gotten out of bed on the wrong foot (but maybe that’s the case for him every morning?) dropped off his little turd in the comments on André Markowicz’s facebook page. Who had just published his translation of a poem by Wei Yingwu (737-791) and the kvetch decided that this translation was “lousy” and “brushed up against orientalism” don’t you know. He got on my nerves so I recommended that he read Ombres de Chine and asked him if he was a sinologist and familiar with the rules of Chinese poetry. I don’t expect a sensible answer and have no wish to engage in an argument with a fool, but now, every time he pops up in my mind, I start singing a song about a man who walks out in the morning, looking glum. Why ? Because his family name is Shmuck. He walks by a garbage can and sees a old listing of names of the elite, leafs through it, and his gaze becomes brighter, happier, no one, absolutely no one has the same family name. “I’m the only Schmuck, he says between his teeth, throws away the book, wipes his hands and moves on with a lighter step.”

Whether their family name is Shmuck or not, there are a lot of folks like him.

Reason for which I’m posting this image, found in an old magazine (with no reference to its author); while the others are crowding into the forest, following the one with the axe, this little Tom Thumb exits the frame and drops pebbles, in case others might want to do the same.

All that’s left for Tom Thumb — and myself — is to find access to subsistence level revenues, now that AI has deprived me of the last translation contracts that allowed making it to the end of the month.

Moving along slowly in revisions to L’Horloger des Brumes.