
Rêve : Il s’agissait d’une question apparaissant dans une revue pour enfants : “Sais-tu pourquoi les cocotiers n’aiment pas la poussière ?” Ecris ta réponse sur une feuille de papier avec. ton dessin de cocotier et aide-nous à sauver les cocotiers du Madagascar.”
Evidemment, je n’ai pas la moindre idée de l’état des cocotiers à Madagascar, ni de leur attitude envers la poussière, mais c’est à peu près l’impression que m’a faite une émission sur Arte concernant des chercheurs se posant la question à savoir si “Snowball” le perroquet dansant de façon frénétique au son d’une musique aussi frénétique que lui, le chimpanzé dont j’ai oublié le nom, ou l’otarie pressant sur une languette de bois pour son poisson avaient le sens du rythme, comme les humains.
Parlons plutôt de cette plante dont j’aurai la garde pour une semaine. Elle appartient à mon voisin l’instructeur au cirque derrière chez-nous avec qui nous nous échangeons des services de bon voisinage. Il est parti visiter ses parents en Alsace, j’ai donc la garde d’une petite bouture de rosier et de cette plante carnivore et de la bouteille d’eau distillée à mettre dans la coupelle sous le pot. Il me raconte que, l’été dernier, lorsqu’une procession de fourmis s’est aventurée chez-lui, après que quatre ou cinq d’entre elles se soient engouffrées dans le piège des corolles de la plante, les autres ont choisi d’aller poursuivre la procession ailleurs. Il y a peut-être des chercheurs humains, quelque part, se posant la question à savoir si la plante carnivore est consciente, ou comment les fourmis piégées ont-elles communiqué leur détresse aux autres, je n’en sais rien — une forme de conscience me paraissant évidente partout dans le vivant et je ne sais pas si le fait de savoir exactement comment elle opère nous rendra plus intelligents ou compassionnels. J’en doute, mais je n’ai rien contre la curiosité, bien au contraire. Enfant, la réponse au reproche voulant que “la curiosité ait tué le chat” était “la satisfaction l’a ressuscitée”.)
Cela dit, je n’ai aucune intention de passer dix minutes à regarder une satire sur vidéo de Trump “imitant” la 2e guerre mondiale, d’autant qu’au réveil, je découvre que nous sommes à nouveau sur “l’heure avancée”, soit une heure plus tard qu’à la même heure hier. Le soleil, lui, est à son emplacement habituel.
Hier, j’ai publié sur facebook des extraits que j’avais traduits d’un article par un professeur d’informatique. Se fondant sur le principe bien connu selon lequel si on n’utilise pas une fonction, on la perd, il présente les arguments demontrant que cette vérité s’applique aussi à l’utilisation du cerveau, et pas seulement à l’exercice physique. (Je n’ai pas de diplôme en informatique mais c’est bien ce que j’ai pu observé chez les enfants d’âge scolaire que j’ai eu mission d’accompagner entre 2012 et 2018. La durée de la capacité de concentration devenant constamment plus réduite, l’incapacité à se concentrer pour la durée d’une tâche, le besoin de “doses” répétées d’amusement fournis par le déroulé sur les plateformes des réseauc sociaux…Et dorénavant, l’accélération de ce process avec l’IA se chargeant d’à peu près toutes les zones imaginables de la vie humaine. C’est vrai, danser comme des dératés comme le fait le perroquet Snowball au son d’une musique aussi frénétique que lui demeure dans le champ des capacités humaines, mais il est aussi possible de tricher aux examens et de plagier le travail de celles et ceux qui ont pris le temps d’utiliser leur cerveau, tel qu’il s’est développé au fil des millénaires. (Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’autre jour, au tout début de l’entrevue enregistrée de l’auteur, traducteur et poète André Markowicz lors d’une réunion sur l’IA à l’assemblée nationale , qu’on apercevait en début de seance la personne lui posant les questions consultant son smartphone précieux et irremplaçable. La plupart des personnes que je croise dans la rue chaque jour ont les yeux collés sur leur téléphone. Ils ne voient rien de ce qui les entoure, ils ne voient pas la couleur spécifique de la rivière ce jour-là, ni l’aperçu d’un poisson sautant hors de l’eau. Etant d’une génération où le téléphone était un appareil fixe à la maison, je n’apporte le mien que lorsqu’il existe un besoin spécifique pour ce faire. Et l’une des raisons pour lesquelles j’ai cessé de collaborer à une revue en ligne, c’est parce que son rédacteur en chef insistait avec enthousiasme sur l’utilisation d’un système qui fournirait le résumés de pages et de pages d’articles, nous “épargnant” le temps et l’effort de lire nous-mêmes avant de rédiger notre “matériel”. Allô ? Si je ne lis pas les articles moi-même (non pas des centaines de pages, seulement ceux qui me semblent pertinents) et, ce faisant, si je n’identifie pas ce qui m’inspire à écrire autre chose sur le même sujet, à quoi bon ? La production de 1 500, 2 00, 2 500 mots supplémentaires à faire gober à un IA qui en fournira un résumé???
(Rappel ici de ces agences littéraires et de leur frénésie dans la recherche du prochain “best-seller”, qui demandent qu’on leur fournisse en ligne le “genre” de notre roman/récit avec un résumé de 500 mots de son sujet. Enfin…si le tout avait pu se résumer en 500 mots, pourquoi aurai-je pris la peine de lui en consacrer des dizaines de milliers de plus, et quelques années de ma vie ?) M’enfin, il est vrai que j’aurais pu m’épargner tout ça en confiant à l’IA le genre, le nom des protagonistes et la résolution du conflit les opposant. L’IA m’aurait pondu un “re-mix” de tout ce qui a déjà été écrit sur un sujet s’en approchant. Pour ce qui est du micro ou du milligramme de perspective personnelle que j’aurais pu concevoir moi-même…who cares ?
Moi, entre autres.)
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Dream: It was a question appearing in a magazine for children : “Do you know why coconut trees don’t like dust?” Write your answer on a sheet of paper with your drawing of a coconut tree and help us save the coconut trees in Madagascar.”
Obviously, I don’t have the slightest idea of how coconut trees are faring in Madagascar, nor of their attitude toward dust, but it’s something of the same impression I received from a tv program on Arte yesterday where researchers were asking if “Snowball” the parrot frantically dancing away to some rhythm as frantic as he, or the chimpanzee whose name I’ve forgotten or the seal pressing down on a bar for his fish have a sense of rhythm, as humans do.
Let’s talk about this plant instead, for which I’ll be the guardian for a week. It belongs to my neighbour, an instructor at the circus school behind our place, with whom I exchange neighbourly services. He has left for a week to visit his parents in Alsace. so I’m babysitting a small twig of a rosebush and this carnivorous plant, with its bottle of distilled water to be fed to it from the bowl under the pot. He tells me that, last summer, when a procession of ants wandered into his place, after four or five of them had fallen prey to the trap in the plant’s corolla, the others chose to continue their procession somewhere else. Perhaps there are human researchers, somewhere, asking themselves if the carnivorous plant is conscious, or how the trapped ants managed to signal their distress to the others, I don’t know — some form of consciousness striking me as obvious throughout all that lives, I don’t know if knowing exactly how it works will make us any smarter or more compassionate. I doubt it, but I have nothing against curiosity, quite the contrary. When I was a child, the response to the chiding of “curiosity killed the cat” was “satisfaction brought him back.”
That said, I have no intention of spending ten minutes watching a video satire about Trump “imitating” the 2nd world war, and even less so since waking up to discover we are one hour later than yesterday at the same time. The sun being in its usual spot.
Yesterday, I published on facebook translated excerpts of an article by a professor of computer science. Based on the well-known principle of what you don’t use, you lose when it comes to physical strength, he argues that the same is demonstratively true when it comes to the use of your brain. (I don’t have a degree in computer science but I saw evidence of this in all the children I was tasked with coaching through primary school, between 2012 and 2018. The attention span becoming constantly more reduced, the inability to concentrate for any length of time, the need for the repeated “hits” of amusement provided by scrolling on social media platforms. And now, the acceleration of that process with AI taking over just about every imaginable area of human life. True, dancing fiendishly like Snowball the parrot is definitely in the realm of human capacities, still, but so is cheating your way through exams and plagiarizing the work of others who bothered to use their brains as they have evolved over the previous millennia. I couldn’t help noticing, the other day, at the beginning of a recorded interview of the translator, author and poet André Markowicz at a French National Assembly meeting, that the person who put the questions to him was caught on film, first consulting her precious and indispensable smartphone. Most of the people I cross on the street every day have their eyes glued to their phone. They don’t see what’s around them, they don’t see the specific color of the river on that day, nor do they catch a glimpse of the fish jumping out of the water. Being of a generation when the phone was a fixed apparatus at home, I only carry around my own if there is a specific need to do so. And one of the reasons why I stopped collaborating with an on-line magazine was because of its editor’s enthousiasme in suggesting that we use a device that would summarize reams and reams of articles, “saving” us the time and effort of doing the reading ourselves prior to writing our “material”. Hello ? If I don’t read the articles myself (not reams of them, just the ones I consider relevant) and if I don’t then identify what in them inspires me to write further on the topic, what’s the point ?
(A reminder here of those literary agencies and of their frantic search for the next best-seller, requesting that you provide online the “genre” of you novel/stories along with a 500 word summary of your topic. Uh…had I been able to summarize it in 500 words, why would I have gone to the trouble of devoting tens of thousands more words to it, along with a few years ofmy life?) Oh well, true enough, I would have saved myself all those efforts by telling an AI its “genre”, the names of my protagnosits and the resolution to the conflict opposing them. AI would then have concocted a re-mix of everything ever written on a topic resembling it. As for the micro or milligram of personal viewpoint I might have conceived on muy own…who cares? )
Well, I , for one.)