
Rêve : Un homme était dans la cuisine chez une amie, occupé à envelopper un plateau dans un film de plastique, j’interrogeais mon amie du regard , oui, disait-elle, elle n’était pas du tout certaine, après tant d’années, de vouloir revivre une histoire de couple, et moi ? y avait-il “quelqu’un dans ma vie” selon l’expression consacrée, non, lui disais-je et j’étais bien contente d’en avoir fini avec cette forme d’autisme à deux, elle voulait quand même que nous jetions un regard chez-moi, depuis la rue, et nous apercevions un de mes voisins chez-moi, qui repartait après avoir éteint la lumière, et rentrait chez-lui.
Deux incidents en lien avec ce rêve : une connaissance locale, sur facebook, publiant la photo d’un malheureux platane sur la place du marché, avec une traînée de cadenas fixés à son tronc, symboles supposément d’amours exclusifs et éternels. Et la visite d’une femme que j’avais côtoyée régulièrement lorsque je faisais encore partie de la chorale La Rugissante; prof d’anglais au collège, dans la quarantaine, élevant seule ses deux filles depuis la séparation d’avec leur père, mais encore dans l’apprentissage de la solitude et l’ambivalence du rapport problématique que posent les relations dites amoureuses (dont si peu sont fondées sur de véritables complicités partagées, alliées au respect des espaces privés de chacun). Tout ce que j’en sais : il est toujours sage de bien prendre note des “détails agaçants” au début de cet “amour parfait”, avec le temps, ils arrivent souvent à occuper tout le territoire. De deux : je note à quel point les femmes “‘d’un certain âge” sont toujours beaucoup plus nombreuses à s’impliquer dans des activités collectives (cours, ateliers divers) où les hommes sont rarissimes et, quand ils y sont, semblent croire qu’il leur appartient de diriger l’activité en question, puisque c’est ainsi qu’ils ont été élevés, et que la notion de collaboration ne leur semble pas très familière. Même la collaboration leur semble être quelque chose qu’ils doivent prendre en main et diriger.
Mais sans le moindre rapport à la journée d’hier, passée à construire un modèle de ce que pourrait être le fameux boîtier pour les récits de L’Horloger des Brumes, et à dessiner un plan détaillé de la “yourte” de l’ingénieur des collines avec sa coquille extérieure imprégnée de plomb. (Vaguement inspirée d’un projet local en 2009, le “Rudoscope” tiré de matières recyclées.)
Tisser du sens à partir du non-sens. Si nous sommes encore ici, c’est grâce aux générations d’anonymes qui nous ont précédées et dont les noms ne se trouvent nulle part.
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Dream: There was a man in the kitchen at one of my friend’s house, he was busy wrapping a platter in plastic film, I questioned my friend with a look, yes, she said, she wasn’t at all sure, after all these years, that she wanted to live another couple story, what about me? was there “someone in my life” as the saying goes, no, I answered, and I was very happy to have done with that form of shared autism, she wanted us to take a look inside my place from out on the street and we saw one of my neighbors inside my place who put out the lights and went back to his own place.
Two incidents related to this dream: a local acquaintance published a photo of a miserable plane tree on the market square, loaded down with closed locks on its trunk, supposed to be symbols of loves both exclusive and eternal. And the visit from a woman I knew much better during the years when I was part of the choir group La Rugissante; she’s an English teacher in college, in her forties, raising her two daughters alone since the separation from their father, but still in the learning stage when it comes to solitude and experiencing the problems in dealing with so-called love relationship (so few of which are based on true shared complicities, along with respect for each one’s private spaces). All I know is it’s always wise to duly note the “annoying details” in the beginning of that “perfect love”, over time, they often end up taking over the whole territory. For one For another: I note how women “of a certain age” always seem more involved in shared activities (classes, various workshops) where men are the exception and, when they are there, seem to think it’s their job to lead the activity in question, since this how they were raised, and the notion of collaboration doesn’t appear to be very familiar to them. Even collaboration seems to be something they must take in hand and lead.
But none of this has any relationship to yesterday, when I spent my time building a model of what the container for the tales in L’Horloger des Brumes could look like, and drawing a detailed plan of the hill engineer’s “yurt” with its lead-impregnated outer shell. (Loosely inspired by a local project in 2009, the “Rudoscope”, made out of recycled elements.)
Weaving sense out of nonsense. If we are still here, it’s thanks to the generations of anonymous ones that came before us and whose names are nowhere to be found.