
(Israël, 1979; je n’y reconnaîtrais sans doute plus grand chose/Israel, 1979; I probably wouldn’t recognize much of it now)
Rêves : Assis par rangées entières, nous étions nombreux à attendre qu’on nous nomme pour avoir acheté un titre en particulier, on appelait mon nom, je levais la main pour m’identifier, on me regardait puis on appelait le nom d’un inconnu, et ainsi de suite, le motif de cet appel n’était pas clair; puis, conversation silencieuse avec le journaliste Ercan Aktas (que je n’ai jamais rencontré, mais dont j’ai traduit plusieurs articles pour Kedistan, ce qui débouche sur les questions de théologie que je me posais à l’âge de 6 ans, sans pouvoir les soulever avec mon entourage, évidemment.)
Pour ce qui est du titre du livre, c’était probablement celui de Sébastien Charbonnier, Pouvoir et Puissance * dans lequel j’ai souligné ceci hier soir : Habiter pleinement, voilà tout ce qu’on peut opposer au paradigme du gouvernement. (Phrase tirée d’un livre – ou document ? – au titre intrigant , Lettre à nos amis de la part d’une entité s’appelant le Comité invisible. Je vais devoir le rechercher.)
Au matin du 2e tour des élections municipales. Ici, après le retrait du maire sortant, nous aurons soit le triomphe du candidat RN (extrême-droite) ou celui du candidat macroniste (“centre”, ondoyant toujours en direction des pouvoirs de l’argent, tels que définis dans le monde que nous tentons encore d’habiter, justement.)
Je passe donc à cette rencontre inattendue avec Ercan Aktas de Turquie, sûrement en raison du fait qu’il y a eu un lecteur se rapportant hier à une chronique dans laquelle je mentionnais ma traduction anglaise sur Kedistan de son article “Quel est le prix d’une balle ?“. Pourtant, la “conversation silencieuse” ne portait pas là-dessus mais plutôt sur deux des questions existentielles que je me posais lorsque j’étais petite, au sujet de la communion (outre celle du transit intestinal que nous imposions au petit Jésus en avalant l’hostie, même après l’avoir laissée fondre dans la bouche pour tenter de lui éviter le transit en question). La première question théologique était la suivante : puisqu’avec la communion, je prenais le corps du Christ en moi, pourquoi fallait-il répéter cette opération chaque dimanche à la messe ? Le corps du Christ était éternel, non ? Une fois ingéré, qu’est-ce qui rendait la répétition nécessaire ? Ce qui débouchait sur un autre mystère : puisqu’après la communion on se retrouvait habité par le Dieu immortel — ayant dorénavant “le petit Jésus dans notre coeur” comme le voulait la chanson —comment demeurait-il encore possible de pécher et de devoir se confesser ? Ce qui débouchait sur le mystère le plus insondable de tous : puisque Jésus était mort pour racheter nos péchés avant même que nous n’existions pour les commettre, comment pouvions-nous même pécher ? Il les avait rachetés, commis, pas commis encore, à commettre, oui ou non ? Pour moi, il y avait là la définition même du mot “mystère”, mais ça, je ne l’avais pas formulé encore.
*Sébastien Charbonnier, Pouvoir et Puissance — Refuser de parvenir : une joie pure, Librairie philosophique J. Vrin 2025
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Ah oui, et j’ai aussi traduit une opinion du journaliste américain Thomas L. Friedman que j’ai publiée sur la page facebook Maria Damcheva, concernant le mythe voulant qu’on règle des problèmes “une fois pour toutes”, en assassinant les tenants du terrorisme. Comme il dit fort justement : le Hamas, décapité à trois reprises, occupe présentement les zones de Gaza où les palestiniens sont entassés comme du bétail, y assassinant ceux qui s’expriment ouvertement contre lui.
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Ce matin, le ciel bleu est plein de longues bandes de nuages dérivant dans la même direction, apparues durant la nuit, comme aiment le faire les nuages, sans préavis.
Le marché, puis ce qui viendra.
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Dreams : Sitting in full rows, there were many of us waiting to be called out for buying a specific title, my name was called out, I raised my hand to identify myself, I was looked at, then another name was called of an unknown, and so on, the reason for this roll call wasn’t clear; then a silent conversation with the journalist Ercan Aktas from Turkey (whom I never met but whose articles I often translated for Kedistan, a dream conversation about the theological questions I had in mind when I was 6 years old and couldn’t raise then for obvious reasons. )
As far as the title goes for the book, it was probably that by Sébastien Charbonnier, Pouvoir et Puissance (two separate notions of power, in French) in which I underlined the following last night : Living fully, that is all we can oppose to the paradigm of government. (A sentence pulled from a book – or a document ? -with an intriguing title, Letter to our friends from an entity calling itself the Invisible Committee. I’ll have to look it up.)
On the morning of the 2nd round in the municipal elections. Over here, with the out-going mayor pulling out of the race, this evening we shall either see the triumph of the candidate for the RN (extreme-right) or that of the Macron-inspired candidate (a floating “centre” that constantly drifts in the direction of the powers of money, as defined in the world in which we still attempt to live fully.
Ah yes, I also translated into French an opinion by the American journalist Thomas L. Friedman which I published on the Maria Damcheva facebook page, about the myth that one could solve problems “once and for all” by assassinating proponents of terrorism. As he says quite correctly: Hamas, decapitated three times, now occupies the zones in Gaza where the Palestinians are crowded together like cattle, assassinating those who openly express themselves against the terrorists.
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This morning, the blue sky is full of long strands of clouds, all drifting in the same direction, which appeared during the night, the way clouds like to do, without prior notice.
Market followed by whatever comes.