
(Labradorite)
Rêve : J’étais en Russie qui était encore et toujours l’URSS et mon ticket de logement n’était plus valable, ce qui obligeait à toutes sortes de manoeuvres avec certains qui faisaient montre d’une indulgence dangereuse pour eux-mêmes, j’éprouvais une forte attirance pour un officiel, qui en était conscient et faisait mine de m’ignorer, ce qui était très humiliant, je vivais dans une précarité extrême tout en écrivant des lettres à l’étranger d’une banalité affligeante.
Je m’éveille sur une vieille chanson jamaïcaine “that’s right, the woman is smarter (3 fois) puis “that’s right.“ Qui se transforme rapidement dans la musique de Carpi pour le Pinocchio de Comencini qui va certainement tourner en boucle dans ma tête toute la journée. (Entendue un extrait hier, à l’atelier d’écriture, je l’ai écoutée d’un bout à l’autre hier soir en rentrant sous cette pluie qui n’en finit plus d’arroser sans donner signe d’en finir. Dehors, la rivière rugit, littéralement.)
L’animatrice de l’atelier en avait pour les souvenirs d’enfance et pour le sentiment amoureux de la jeunesse. Sujets que je n’avais aucune envie de fouiller. J’ai fait des galipettes, question de faire rire, ma porte de sortie préférée. La partie la plus intéressante des exercices fut quand quelques autres commencèrent à dire qu’en fait, ce qu’on appelait “apprendre aux enfants à dire la vérité” consistait à leur apprendre “ce qui se dit” et “ce qui ne se dit pas”. Transformant souvent “ce qui se dit” en mensonge patenté.
Elle m’a dit aussi avoir mentionné ce qu’elle sait de mon écriture de L’Horloger des Brumes et de la participation de Camille Messager pour les illustrations à une de ses amies qui anime une émission sur la radio locale d’Albi qui m’invitera à venir en parler en onde. Comme elle avait fait une bouillabaisse des Contes d’Exil, la perspective ne m’enchante pas du tout.
Pinocchio. Inventer des histoires demeure la meilleure façon de passer la vérité en douce aux frontières.
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Dream : I was in Russia which was still and always the USSR et my lodging ticket was no longer valid, which made all kinds of manoeuvers necessary with those who showed an indulgence that was dangerous for them, I experienced a strong attraction for one of the officials who was aware of it and pretended to ignore me, which was terribly humiliating, I lived in extreme precariousness while sending letters abroad of woesome triviality.
I wake to an old Jamaican song “that’s right, the woman is smarter (3 times), then that’s right.” Which quickly transforms into Carpi’s soundtrack for Comencini’s Pinocchio which will certainly be playing in my head all day. (Heard an excerpt yesterday at the writing workshop, came home and listened to the whole score last night after coming home under a rain that keeps on falling with no end in sight.
The group leader at the workshop had it in for childhood memories and youthful romantic love. Topics I had no desire to explore. I did somersaults around both to make the others laugh, which is always my favorite exit strategy. The most interesting part of the exercises occurred when others started saying that, in fact, what was known as “teaching children to tell the truth” consisted in theaching “what can be said” and “what cannot be said”. Often transforming “what can be said” in a patented lie.
She also told me she had mentioned what she knows of my writing of L’Horloger des Brumes with Camille Messager’s participation for the illustrations to one of her friends who has a radio program on the local radio in Albi, who might invite me to come talk about it. Considering the mess she had made of Contes d’Exil, I can’t say I find the perspective enchanting.
Pinocchio. Making up stories remains the best way to smuggle truth across the borders.