
Rêve : Elle habitait un quartier où tous les commerces fermaient, l’un après l’autre, la grande bijouterie, le dernier en ligne, c’était une jeune femme qui devait être dénoncée, sinon son attitude risquait de “déteindre” sur les autres, l’ennui pour elle c’est qu’elle recevait des instructions contradictoires à chaque rebuffade, ce qui lui donnait l’allure de quelqu’un qui n’écoute pas ce qu’on lui dit, même “pour son bien”.
Le film au Tir’Chaille hier soir. Il y avait une bonne vingtaine de personnes de bonne volonté pour le voir, je ne suis pas restée pour la discussion qui a suivi. Le film racontait des expériences de démocratie participative depuis 2017 dans des petites villes françaises. Je mentirais si je disais avoir trouvé ces expériences enthousiasmantes. Mis à part un huluberlu déguisé en super-héros qui a fait le “buzz” dans son coin, apparemment, toutes les autres séquences montraient des hommes et des femmes de bonne volonté, eux aussi, assis, en cercles de discussion et qui palabraient. Je suis rentrée chez moi avec l’impression qu’ils palabraient pour rien, en fait, toute cette bonne volonté se consacrant au mauvais sujet. (Et si je pouvais dire au juste pourquoi le sujet n’était pas le bon…) Je ne sais pas au juste, si ce n’est que les avancées se trouveraient dans le faire et non dans les palabres, il me semble.
M’enfin. Je suis rentrée chez-moi, j’ai terminé les deux derniers paragraphes d’une traduction que je mettrai en ligne dans quelques minutes. Sur le “capitalisme de surveillance”, justement, sur Palantir, l’existence de “courtiers en flux de données” de qui les organes de surveillance peuvent acheter les données sur les noms, adresses, statuts citoyen, “attitude envers les autorités” et carrément se construire des cartes géographiques des zones “chaudes” à contrôler avant même que des troubles n’y apparaissent. Pour les palabres, prière de débrancher tout objet connecté et le laisser dans une boîte scellé. N’oubliez ni la caméra de la sonnette branchée, ni les lunettes, ni la montre-bracelet, ni le frigo…
Avant le film, j’avais traduit et mis en ligne un article sur les palestiniens “disparus” — presque 3 000, au dernier décompte — “vaporisés” par l’intensité de la chaleur dégagée par les bombes made in USA lancées à Gaza. Et puis, youplà la-la-laire l’annexion de facto de la Cisjordanie par Israël par le biais de mesures administratives qui remplacent littéralement l’Autorité palestinienne par des prises en charge israéliennes sur les permis de propriété, par exemple. Réactions de la “communauté internationale” ? Niente.
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L’Horloger des Brumes : L’ingénieur des collines n’est pas très disert, lui. Le gamin qui le dévore des yeux non plus. De toute façon, quand on est sourd et qu’on sait que tous les instruments de communication sont surveillés, on ne dit pas grand chose, je suppose. Ou alors on cause tant qu’on le peut encore. En tout cas, pour l’heure, il a des images qui lui défilent dans la tête et qui n’ont pas encore franchi le pas vers des mots les représentant.
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Dream: She lived in a neighborhood where all the businesses were closing down, one after the other, the large jewelry store being the last one to do so, she was a young woman that had to be denounced or else her attitude might “taint” others, the problem for her being that she kept receiving contradictory instructions with each scolding which made her look as if she wasn’t listening to what she was being told “for her own good”.
The film at the Tir’Chaille last night. There were a good twenty goodwilled people there to see it, I didn’t stay for the group discussion that followed. The film described experiments in participatory democracy since 2017 in small French towns. I would be lying if I said I found these experiments inspiring. Other than a character running around disguised as a super-hero who made a bit of a buzz in his area, apparently, all the other sequences showed men and women, also of goodwill, sitting around in discussion circles and talking. I came home with the feeling they were talking for nothing, all that good will being spent on the wrong topic. (And if only I knew which topic would be the right one…) I don’t really know, only that moving forward would involve doing et not only talking, it seems to me.
Oh well. I came home, finished the last two paragraphs in a translation I’ll be putting online in a few minutes. On “surveillance capitalism”, in fact, on Palantir, on the existence of brokers in “data flow” from whom surveillance agencies can buy data providing the names, addresses, citizenship status, “attitudes toward authorities” and thus clearly building up maps of “hot” zones to be controlled before troubles even appear there. For talking sessions, kindly turn off your digital devices and leave them in sealed boxes. Don’t forget the doorbell camera, the glasses, the wristwatch, the fridge…
Prior to the film, I’d translated and published an article on “disappeared” Palestinians — close to 3 000, at last count — “vaporized” by the extreme heat producd by made in USA bombs used in Gaza. And then, whooppy doo, the de facto of the West Bank by Israel, though administrative measures, literally displacing the Palestinian Authority in decisions such as the permits required to own property, for example. Reactions from the “international community” ? Zilch.
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L’Horloger des Brumes : the hill engineer is not very talkative. Nor is the kid staring at him. In any event, since he is deaf and knows that all communication devices are under surveillance, I suppose you don’t do much talking. Or you talk as much as possible while you still can. Whatever the case may be, he mostly has images running through his mind and they haven’t yet crossed over into words representing them.