
(Le 1812 rang du Brûlé, St-Antoine-sur-Richelieu, Québec)
Rêves : une voix d’abord qui chante : “are you are you coming to the tree, I told you to run so we could both be free, strange things are happening here and stranger would it be if we met, at midnight, in the hanging tree” (viens-tu viens-tu à l’arbre, je t’avais dit de te sauver pour que nous soyons tous deux libres, des choses étranges se passent ici, encore plus étrange serait que nous nous retrouvions tous deux dans l’arbre des pendus); puis, dans la maison au 1812 rang du Brûlé (voir ci-haut), devenu atelier collectif, un homme célèbre dessine des personnages composés de formes géométriques peintes en couleurs primaires – jaune, rouge, bleu — je décide d’essayer d’en faire autant mais je n’ai ni colle ni peinture alors je pars pour en acheter avant de revenir bredouille en me rappelant que je n’ai pas un sou, à la maison un de ses admirateurs supplie Yves Montand de chanter en agitant un chapeau melon…
que dire ?
Hier, après avoir donné libre cours (en privé) à l’expression de l’étang de rancune dans une zone moins fréquentée de mon moi-même, j’ai fait des trucs fascinants comme de ranger des trucs et de décongeler le bas du frigo; avant de me rappeler du passage dans D’Autre en Autre au sujet de Supervielle où Armand Robin mentionne “la jeune fille de la haute mer” (une enfant de 12 ans, en fait). J’ai déniché le livre de poche trouvé dans un vide-grenier (pages jaunies, “éditions Gallimard 1931) , le dessin en 4e de couverture montre la fameuse rue dans la mer qu’habite cette pauvre petite, enfant-fantôme à laquelle un marin a pensé trop fort en traversant cette partie de la mer. Et Supervielle d’aviser les marins de ne pas penser trop intensément à leurs êtres chers lorsqu’ils sont en mer, afin d’éviter le même sort à d’autres qu’à cette malheureuse enfant (les autres nouvelles ne sont pas aussi intéressantes) * :

*Jules Supervielle, L’enfant de la haute mer, Le livre de poche, Gallimard 1931
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Et maintenant, nous sommes dimanche. Hier, j’ai publié quelques traductions d’articles aussi, sur facebook, où je ne me préoccupe aucunement de savoir si oui, si non, elles seront lues, ce que les autres font de leurs yeux, ça n’est pas mon problème. Je le fais pourquoi ? Parce qu’à part mon abonnement au journal The Kyiv Independent, je ne peux rien faire de plus pour les gens se pelant de froid sous les missiles et les drones russes, pendant qu’américains et russes discutent de la répartition des avoirs et de l’immobilier ukrainiens.
En avant, kadima, davaï et tout et tout.
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Dreams: a voice at first, singing: are you are you coming to the tree, I told you to run so we could both be free, strange things are hapening here and stranger would it be if we met, at midnight, in the hanging tree”; then, in the house at 1812 rang du Brûle (see above) transformed into a collective artists’ studio, a famous man was drawing figures made up of geometric shapes he painted in primary colors — yellow, red, blue — I decided to attempt doing as much but I had no glue nor paint and set off to buy some before coming back empty-handed since I didn’t have any money, in the house one of his admirers was begging Yves Montand to sing while waving a bowler hat…
What can I say?
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Yesterday, after giving free rein (in private) to expressions drawn from the pond of resentment in a less-frequented zone of myself, I did fascinating stuff like putting stuff away and defrosting the freezer section in the fridge; prior to remembering a passage in D’Autre en Autre about Supervielle where Armand Robin mentions “the young girl from the high sea” (a twelve-year old girl, in fact). I located a pocket book I had found in a garage sale (yellowing paper, published by Gallimard in 1931), the drawing on the back cover shows the famous street in the high seas where this poor little ghost-child lives, because a sailor passing through that part of the sea thought about her too intensely. Supervielle advises sailors not to think too intensely about the ones they lost, so as to spare some other poor child from such a fate. (The other short stories aren’t as interesting.)
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And now, we are Sunday. Yesterday, I also published a few translated articles on facebook, where I don’t give a whit whether they are read, yes or no, others do what they want with their own eyes, that’s not my problem. Why do I do it? Because, apart from my subscription to The Kyiv Independent newspaper, I can’t do another thing for the poor folks withering under the cold, and the Russian missiles and drones, while Americans and Russians discuss their respective shares of Ukrainien property and other assets.
Onward, kadima, davaï and all that.