22 janvier 2026

L’image ci-haut résumera, et les rêves et l’injonction du poème inuk invitant à marcher “avec les muscles des pattes du petit lièvre”. Dans la galette au dessert, hier, la “fève” s’est trouvée dans ma portion et consistait de cette petite figurine d’un spitz nain. La capsule sur la bouteille de mousseux a fourni son “trône”.

Mais mon esprit est à mille lieux de cette légèreté.

Si j’ai pris la peine de traduire le discours du premier ministre canadien à Davos et de le publier sur la page facebook Maria Damcheva hier, ça n’est pas, comme a semblé le suggérer le commentaire d’une personne dont j’ai eu le tort de croire aux protestations d’amitié, que je n’aurais pas conscience que “l’ordre mondial” a toujours reposé sur des bases d’exploitation des plus faibles par les plus puissants. C’était, plus simplement, reconnaissance du fait que ce premier ministre fut le seul a nommer les choses, à parler de la “rupture” dans cet ordre où, dorénavant, les plus puissants considèrent pouvoir passer outre aux règles les plus fondamentales et avancer seules en piétinant, non seulement les plus faibles, mais leurs voisins immédiats dont ils veulent s’emparer des richesses. Discours dénoncé immédiatement par son voisin du sud, pour lequel il semble faire partie de “l’ordre naturel du monde” que le règne d’un triple empire mondial – Chine, Russie, Etats-Unis – lui accorde, à lui, l’imperium de l’ensemble des Amériques. D’ailleurs, dans l’usage habituel de tous, en parlant des Etats-Unis, ne dit-on pas plutôt America pour désigner ce pays ? Pour Trump et ses financeurs miliardaires, il ne s’agit que de rendre cette emprise réelle au-delà des mots et de quelque entente commerciale que ce soit. D’ailleurs, il s’est empressé de “dénoncer” le discours en question, accusant le Canada d’avoir “longtemps profité” des Etats-Unis et que son premier ministre devrait faire attention à la façon dont il “maltraite” les Etats-Unis…

Il y a l’exploitation plus insidieuses et il y a l’usage ouvert de la force contre quiconque et quelconque osent vous déplaire. Comme si si la personne que j’ai prise à tort pour un ami ne le savait pas fort bien. Les ukrainiens, eux, le comprennent on ne peut mieux, and les gröenlandais, les canadiens et les sud-américains confus sont en train d’être initiés au triple tour au “nouvel ordre mondial” qu’imaginent certains…les mêmes qui font mine d’ignorer que la Chine est déjà en train de grignoter avec voracité le côté est de la Russie. Remplacer un “ordre mondial” par une déstabilisation encore plus grande ne me fait pas l’effet d’un pas vers le mieux.

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Dernière journée à Aurillac et retour dans nos “terres” tarnaises cet après-midi. Hier, au col de Legal, les bourrasques de vent glacial étaient assez fortes pour déstabiliser les marcheurs et les suffoquer sous sa violence. Sensation que je n’avais pas re-visitée depuis l’hiver à Chicoutimi, dans ma jeunesse, avec ses -40°C et ses bourrasques au-dessus de la rivière Saguenay.

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“je marcherai avec les muscles des pattes du petit lièvre...j’éviterai l’obscurité, j’irai vers la lumière” dit le poème inuk. Le personnage dans Contes d’Exil de La Kalmouke (qui ne l’était pas) l’aurait bien compris.

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The image above will serve as a stand-in for my dreams and the injunction in the inuk poem inviting one to walks “with the muscles in the paws of the small hare”. In the Epiphany cake of yesterday’s dessert, the “bean” in my portion was this small figurine of a Pomeranian. The cap on the bottle of bubbly served to make his “throne”.

But my mind is a thousand miles removed from such light-heartedness.

If I bothered translating the speech by the Canadian Prime minister in Davos and publishing it on the Maria Damcheva facebook page, it was not, as seemed to imply the comment from a person I was wrong in believing the deep protests of friendship, because I’m no aware of the fact the “world order” has always rested on foundations of exploitation of the weaker by the more powerful. It was, much more simply, in recognition of the fact that this Prime minister was the only one to call things out by their name, speaking of a “rupture”” in that order where, henceforth, the most powerful ones consider they can do without their immediate neighbors whose riches they want to grab. A speech immediately “denounced by Southern neighbor, for whom it seems to be part of the “natural order” of things that the reign over the world of a triple empire – China, Russia, United-States – give him the imperium over the whole of the Americas. In fact, in the usual parlance of everyone, when mentioning the United States, don’t we all speak of America to designate that country? For Trump and his billionaire financers, it is only a matter of adjusting reality to this imperial world view beyond simple words and the respect of any commercial agreement that exists presently. Sure enough, Trump immediately “denounced” this speech, accusing Canada of having long “cheated” the United States and that his Prime minister should be careful in how he “mistreats” the USA.

There’s covert exploitation and there’s outright use of force against anyone and anything that displeases you. As if the person I took to be a friend didn’t know the difference full well. The Ukrainians understand it well enough, and befuddled Groenlanders, Canadians and South Americans are being quickly introduced to the new “world order” as imagined by some…while pretending to ignore that China is already nibbling voraciously at Russia’s Eastern rim. Replacing one “world order” with one promising even greater destabilization does not strike me as a move toward the better.

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Final day in Aurillac, then back to our “lands” in the Tarn this afternoon. Yesterday, on the Legal mountain pass, the gusts of icy wind were strong enough to destabilize walkers and suffocate them by its violence. A sensation I had not re-visited since the winter in Chicoutimi in my youth, with its -40°C and its gusts surging above the Saguenay river.

“i will walk with the muscles in the paws of the small hare…i will avoid darkness, i will go toward the light” says the inuk poem. The character in Contes d’Exil who is known as La Kalmoukes (but isn’t) would have well understood.

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