20 janvier 2026

Rêve : des sites internet publiaient des mensonges au sujet des gens, que nous tentions de contrer, trop souvent sans succès, dépendre de ceux qu’on dénonçait, c’était bien ça le pire.

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Je pars à Aurillac avec une amie pour trois jours. En apportant mon ordi, mais je ne sais pas si j’aurai des moments pour l’utiliser, alors je re-publie ici la chronique la plus récente de M. Gessen que j’ai traduite et mise en ligne sur la page facebook Maria Damcheva hier soir, parce qu’elle me semble résumer exactement ce qu’il en est présentement aux Etats-Unis. (Par contre, à savoir si ici, en Europe, “l’attention demeure inébranlable”, comme dit le texte, je n’en suis pas aussi sûre):

Une année de Trump. Le moment d’agir, c’est maintenant, pendant que c’est encore possible. 

M. Gessen

18 janvier 2026

TRADUCTION

The New York Times

Depuis un an dans le second mandat de Trump, des amis à l’étranger continuent à exprimer leur choc aux nouvelles provenant de ce pays, souvent mélangé d’inquiétude pour ma sécurité. I hausse les épaules. Même ceux parmi nous aux Etats-Unis qui s’opposent aux actes de cette administration ont une façon de les normaliser. Mardi, j’ai vu une information dans ma boîte de réception :  une nouvelle action lancée contre la construction d’un  immense centre de détention d’immigrants en Floride. Comme bien d’autres américains, apparemment, j’avais quasiment oublié Alligator Alcatraz.  

En Europe, l’attention demeure inébranlable. Les journalistes écrivent des articles et font des documentaires sur la construction d’un camp de concentration en Amérique. Ici, nous sommes tout simplement devenus un pays qui construit des camps de concentration. Il ne s’agit là que d’un seul des changements que nous avons absorbé dans l’année qui vient de s’écouler.   

Nous sommes devenus un pays où les gens disparaissent, enlevés par une force paramilitaire qui les trqque dans leurs logements, sur les rues, sur les routes de campagne, et même dans les tribunaux. Il y a moins d’un an de cela, les vidéos d’arrestations par ICE avaient une diffusion virale et des publications sur les réseaux sociaux au sujet d’aperçus de ICE nous donnaient des frissons. Maintenant, même les détentions les plus spectaculaire se perdent dans le brouillard : Qui a été relâché ? Qui a été déporté ? Qui est encore manquant ?  

Qui peut suivre ?

Nous sommes devenus un pays où une personne peut être abattue en public de façon sommaire pour avoir protesté contre cette force paramilitaire. Après qu’un agent de ICE ait abattu Renee Good de trois balles tirées à bout portant à Minneapolis le 7 janvier, le président Trump, le vice-président JD Vance et d’autres officiers fédéraux ont prétendu que les tirs étaient justifiés en tant qu’acte de légitime défense (la vidéo montre le contraire) et pointèrent du doigt l’affiliation connue de Good avec des groupes de gauche – affirmant apparemment que protester méritait dorénavant la mort en Amérique.  

Nous sommes devenus un pays dont le gouvernement fédéral dépolie des forces militaires et para-miliataires dans les rues de ses grandes villes, terrorisant les résidents sous le prétexte de les protéger. Un observateur étranger évaluant les Etats-Unis pourrait les décrire comme un pays au bord de la guerre civile. Mais nous pouvons à peine maintenir à jour la liste des villes où se sont trouvés ou se trouvent encore des troupes dans les rues: Washington, DC; Los Angèle; Chicago ;  Portland,  Ore; Memphis; Nouvelle Orléans.  Le nombre d’agents fédéraux armés déployés à Minneapolis pourrait être cinq fois plus élevés que le nombre de policiers municipaux.   

Nous sommes devenus un pays dont le gouvernement s’en prend aux universités, dé-finance la recherche, inversant les avances scientifiques, s’en prenant aux musées et évidant les institutions culturelles. Peu de ces attaques — menées de plein jour, annoncées dans des ordres de l’exécutif, vantées dans des discours et mises en évidence en lettres métalliques géantes — se sont heurtées ç-à une résistance significative. Nous en sommes à nous rendre plus stupides.  

Nous sommes devenus un pays qui piétinent ouvertement le droit international. Notre armée bombarde une nation différente toutes les quelques semaines, commet des meurtre en haute mer et enlève des leaders politiques étrangers par la force. Notre gouvernement menace le monde, y compris nos alliés, avec ses ambitions impériales.  

Nous sommes un pays gouverné par un mégalomane aux opinions ouvertement détestables et fier de son ignorance, dont l’avarice est sans limites et qui considère son pouvoir comme absolu. Des leaders étrangers tentent de l’apaiser par la flatterie et recherchent ses bonnes grâces avec des cadeaux. Ça ne réussit que rarement à modérer son appétit ou même à retenir son attention, mais, apparemment, c’est tout ce qu’ils peuvent faire.   

Il n’y a aucun doute que certains éléments de notre situation actuelle existaient avant Trump. Ce pays a longtemps maintenu le système d’incarcération le plus important au monde, et l’un des plus inhumain dans le monde occidental; ils a fourni la base pour les camps de concentration. Le schéma d’exécutions de noirs par la police existe de puis longtemps. Les origines de ICE et de son agence de création, le département de sécurité intérieure, conçu comme une force policière secrète remonte au 11 septembre 2001. Les guerres culturelles remontent au moins aux années ’80; Et le mépris du droit international, jouer au policier mondial fortement armé a longtemps été une tradition bi-partisante  — tout comme nos politiques migratoires de plus en plus hostiles et restrictives. La présidence elle-même est devenue de moins en moins transparente et de plus en plus puissante depuis quelques décennies au moins.    

Je ne suis pas en train de prétendre que ce que nous sommes devenus cette année, n’est qu’encore plus de la même chose. Peu de gens le prétendraient encore. Mais il est vrai que, même si on nous a appris à penser à l’histoire comme une série de tournants avec des dates précise — les guerres, révolutions, assassinats, déclarations d’indépendance et décrets promulguant la loi martial — aucune transformation n’est instantané ou total. L’administration Trump a procédé à tombeau ouvert. Malgré cela, elle n’a pas encore tout détruit.   

Nous sommes encore un pays avec une société civile robuste. Les avocats ont combattu l’administration devant les tribunaux. Les gens se sont ralliés contre l’usurpation de pouvoir par Trump et ont organisé la protection de leurs voisins contre ICE.  Mais les attaques de Trump contre les universités, contre le système juridique, et ses menaces contre les organisations à but non-lucratif ou  de philantropie ont déjà modifié la façon dont fonctionne la société civile.  Les universités et les fondations ne sont plus ce qu’elles étaient il y a un an, pas plus que le système juridique où se concentre tant du travail de la société civiles. Et l’exécution de Renee Good a certainement affecté les calculs des protestataires potentiels.  

Nous avons encore des média indépendants. Mais à faire le point sur combien le paysage médiatique s’est modifié donne à réfléchir. Même avant l’élection de 2024, les propriétaires du Washington Post et du   Los Angeles Times ont réduit l’indépendance de leurs pages éditoriales. Peu de temps après l’élection,   ABC News puis la société propriétaire de CBS News ont payé des millions de dollars dans ce qui avait certainement l’apparence de poursuites frivoles de la part de Trump. (Il en a lancé plusieurs autres, y compris à l’encontre du New York Times, et une autre contre 20 membres individuels du Conseil du Prix Pulitzer, incluant des journalistes du Times.) Maintenant, sous un nouveau propriétaire, CBS se transforme rapidement en un réseau amical envers Trump.  

Les autocrates détruisent la presse libre de deux façns au moins : par la répression, comme Trump l’a fait par ses poursuites et ses pressions réglementaires, et en redistribuant l’accès à l’information. En octobre, l’administration Trump a effectivement chassé les services de presse traditionnels du Pentagone, les remplaçant par des journalistes loyalistes et des influenceurs. Les media, tout comme la société civile, se trouvent bien diminués comparé à ce qu’ils étaient il y a un an. 

Nous avons encore des élections. Mais à quel point les élections 2026 seront-elles libres et équitables ? Trump n’a pas seulement de la rancune contre les autorités électorales dans plusieurs états; il a fait de sa rancune le coeur de sa campagne en 2024. Depuis son retour au poste, son administration a pris une série de décisions exécutives et déposé nombre de poursuites destinées à restreindre l’accès aux bureaux de vote, une purge des listes d’électeurs, limitant l’indépendance des autorités électorales locales et établissant la base d’une intimidation systématique et des électeurs et des officiers électoraux. Les états se sont joints à ces efforts. La Floride exerce une répression sur les campagnes d’inscription au vote. L’Ohio et d’autres ont intoduit des lois restrictives sur l’identification à titre d’électeur. La Georgie a limité les heures d’ouverture des bureaux et interdit la fourniture d’eau ou de nourriture aux personnes en ligne pour voter. Le Texas a manipulé la carte de façon qui menace de priver les électeurs noirs et latinos de leurs droits et pourraient ainsi éliminer cinq sièges Democrat au congrès, et la Cour Suprême a autorisé l’utilisation de cette nouvelle carte pour les élections de mi-mandat en 2026. Ajoutez à cela la menace de Trump de déployer les troupes pour s’occuper de « l’ennemi de l’intérieur » durant les élections, d’une part, et sa promesse d’envoyer aux Américains ce qui correspond à un pot-de-vin — des chèques au montant de $2 000 « vers la fin de l’année » — et vous avez la perspective d’élections qui sont beaucoup moins libres et équitables que les précédentes. 

Quant à la prochaine élection présidentielle, Trump a clairement affiché son intention : il ne prévoit pas quitter son trône. Il pourrait chercher un prétexte pour annuler le vote. « Lorsque le président Volodymyr Zelensky lui a dit que l’Ukraine ne pouvait pas tenir une élection durant la guerre, Trump s’est visiblement épanoui : « Vous voulez dire que si on se trouve en guerre avec quelqu’un, pas d’élections ? Ah, c’est bien ça. » Il pourrait trouver un moyen d’invalider le vote après l’élection — s’emploie à établir les bases pour un tel geste depuis son premier mandat. Même s’il ne le fait pas, il serait stupide de croire que cette itération dans notre cauchemar national se terminera dans trois ans. 

Une expression pour décrire les régimes qui conservent les apparences d’une démocratie, telles que législatures, tribunaux et élections, mais les utilisent essentiellement comme décoration, c’est « l’autoritarisme électoral. » C’est ce que nous sommes en train de devenir. 

 Comment on nomme les choses a de l’importance. Ça importe pour des raisons bancales comme la lecture des sondages: l’opinion publique ne fonctionne pas de la même façon dans les sociétés démocratiques et celles qui ne le sont pas. Mais ça importe encore plus pour la façon dont nous pensons à l’avenir. Nous ne pouvons pas compter sur un changement venant par les élections si on ne peut pas compter sur les élections. Nous ne pouvons pas compter sur le fait que les libertés et les ressources dont nous bénéficions aujourd’hui nous seront encore disponibles demain.   

Demandez à quiconque a vécu dans un pays qui est devenu une autocratie et ils vous donneront une version du récit de murs se refermant autour d’eux, d’espace devenant de plus en plus restreint. L’espace dont ils parlent, c’est la liberté. En Russie, les protestations de masse étaient possibles avant. (La première fois que des gens furent emprisonnes suite à une protestation pacifique en 2012, j’ai écrit un livre complet sur le sujet.) Puis les protestations de masse devinrent impossibles et il ne restait plus que la possibilité du piquet solitaire : une personne se tenant debout, seule, avec une affiche. Puis les gens commencèrent à se faire arrêter pour s’être tenu debout, seul avec une feuille de papier vierge, puis pour avoir « liké » quelque chose sur les réseaux sociaux. Les journalistes avaient l’habitude de pouvoir écrire librement tant qu’ils s’en tenaient à la culture et évitaient la politique; dorénavant, une personne peut se faire arrêtée pour avoir interpréter une chanson par un compositeur interdit.

 Bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas la Russie — ou la Hongrie ou le Vénézuela ou Israël ou aucune autre des démocraties qui sont devenues ou en voie de devenir des autocraties. Mais le temps de prêter attention aux similarités et de tenter d’apprendre à partir des façons dont d’autres pays ont réprimé les protestations, éviscéré leurs systèmes électoraux, limité la liberté de leurs médias et construit des camps de concentration, c’est maintenant. La seule façon d’éviter l’implosion de l’espace, c’est de le remplir, de consolider les murs : d’occuper tout l’espace qui existe encore pour parler, écrire, publier, protester, voter. C’est ce que semble faire les gens du Minnesota et ce que chacun d’entre nous doit faire – tout de suite, pendant que nous le pouvons encore. 

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Dream: websites were publishing lies about people, we were attempting to counter them, too often unsuccessfully, being dependent on those we were denouncing, that had to be the worst of it.

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I’m going to Aurillac with a friend for three days. Bringing my computer with me, but I don’t know if I’ll much time by myself to use it, so I’m re-publishing here M. Gessen’s most recent column which I translated and published on the Maria Damcheva facebook page last night, because it strikes me as summarizing exactly where things stand at the moment in the United States. (However, whether, as written in the text, here in Europe “attention is unwavering”, I’m not so sure):

One Year of Trump. The Time to Act is Now, while We Still Can

M. Gessen

January 18 2026

The New York Times

A year into Donald Trump’s second term, friends who live outside the United States continue to express shock at the news that comes from this country, often mixed with concern for my safety. I shrug. Even those of us in the United States who oppose this administration’s actions have a way of normalizing them. On Tuesday, I saw a news release in my inbox: A new filing in the legal case against the construction of the giant immigrant detention facility in Florida. I — like many other Americans, it seems — had almost forgotten about Alligator Alcatraz.

In Europe, attention has been unwavering. Journalists are writing articles and making documentaries about America building a concentration camp. On these shores, we have simply become a country that builds concentration camps. It’s only one of the changes we have absorbed in the last year.

We have become a country where people are disappeared by a paramilitary force that hunts them down in their apartments, on city streets and country roads, and even in the courts. Less than a year ago, videos of ICE arrests would go viral and social media posts about ICE sightings would send chills down our spines. Now even the most high-profile detentions have faded from view: Who has been released? Who has been deported? Who is still missing?

Who can keep track?

We have become a country where a person can be summarily executed in public for protesting that paramilitary force. After an ICE agent killed Renee Good by shooting her three times at point-blank range in Minneapolis on Jan. 7, President Trump, Vice President JD Vance and other federal officials said the shooting was justified as an act of self-defense (the video shows otherwise) and pointed to Good’s ostensible affiliation with left-wing groups — apparently affirming that protest is now punishable by death in America.

We have become a country whose federal government deploys military and paramilitary forces in the streets of its major cities, terrorizing the residents in the guise of protecting them. A foreign observer taking stock of the United States could describe us as a nation on the brink of civil war. But we can barely keep current the list of cities where troops have been or still are in the streets: Washington, D.C.; Los Angeles; Chicago; Portland, Ore.; Memphis; New Orleans. The number of armed federal agents deployed to Minneapolis may now be five times the size of the city’s police force.

We have become a country whose government is attacking its universities, defunding research, reversing scientific advances, assaulting museums and hollowing out cultural institutions. Few of these attacks — carried out in broad daylight, announced in executive orders, extolled in speeches and put on display in giant metal letters — meet meaningful resistance. We are making ourselves stupider.

We have become a country that demonstratively tramples on international laws. Our military bombs a different nation every few weeks, commits murder on the high seas and removes foreign political leaders by force. Our government threatens the world, including our allies, with its imperial ambitions.

We are a country ruled by a megalomaniac whose views are openly hateful and proudly ignorant, whose avarice knows no bounds and whose claim to power is absolute. Foreign leaders try to appease him with flattery and curry his favor with gifts. It rarely works to temper his appetite or even catch his attention, but it’s seemingly all they can do.

To be sure, some elements of our current condition predate Trump. This country has long maintained the world’s largest carceral system, and one of the least humane in the Western world; it formed the foundation for the concentration camps. Police executions of Black people have long been a pattern. The origins of ICE and its parent agency, the Department of Homeland Security, conceived as a secret police force, go back to 9/11. The culture wars date to at least the 1980s. And disregarding international law, playing the world’s heavily armed policeman, has been a longstanding bipartisan tradition — as have increasingly hostile, restrictive immigration policies. The presidency itself has been growing less transparent and more powerful for at least a couple of decades.

I am not arguing that what we have become this year is just more of the same. Few people would make this argument anymore. But the truth is, even though we are taught to think of history as a series of definitive turning points with specific dates — wars, revolutions, assassinations, declarations of independence and decrees announcing martial law — no transformation is instant or total. This Trump administration has moved at breakneck speed. And still, it hasn’t broken everything yet.

We are still a country with a robust civil society. The lawyers have fought the administration in court. The people have rallied against Trump’s usurpation of power and have organized to protect their neighbors from ICE. But Trump’s attacks on universities, his assault on the judiciary, and his threats against nonprofits and philanthropies have already altered the way civil society functions. The universities and the foundations aren’t what they were a year ago, and neither is the judiciary, where so much civil-society work is concentrated. And the execution of Renee Good has surely affected every potential protester’s mental calculus.

We still have independent media. But taking stock of how much the media landscape has changed is sobering. Even before the 2024 election, the owners of The Washington Post and The Los Angeles Times curtailed the independence of their editorial pages. Soon after the election, ABC News and then the parent company of CBS News paid millions of dollars to settle what certainly appeared to be frivolous lawsuits filed by Trump. (He has filed several more, including one against The New York Times, and another against 20 individual members of the Pulitzer Prize Board, which includes Times journalists.) Now, under new ownership, CBS is rapidly transforming itself into a Trump-friendly network.

Autocrats destroy the free press in at least two ways: by cracking down, as Trump has done through lawsuits and regulatory pressure, and by reapportioning access to information. In October, the Trump administration effectively kicked legacy media outlets out of the Pentagon, replacing them with loyal journalists and influencers. The media, like civil society, is much diminished compared with what it was a year ago.

We still have elections. But how free and fair will the 2026 elections be? Trump doesn’t just carry a grudge against the election authorities of many states; he made that grudge a centerpiece of his 2024 campaign. Since he returned to office, his administration has taken a series of executive actions and filed a series of lawsuits aimed at restricting access to the polls, purging voter rolls, limiting the independence of local election authorities, and generally laying the groundwork for the systematic intimidation of both voters and election officials. States have joined this effort. Florida is cracking down on voter registration drives. Ohio and other states have introduced restrictive voter ID laws. Georgia has limited poll hours and banned providing food or water to people standing in line to vote. Texas has gerrymandered a map that threatens to disenfranchise Black and Latino voters and may wipe five Democratic congressional seats out of existence, and the Supreme Court has allowed this controversial new map to be used in the 2026 midterms. Add to this Trump’s threat to deploy the military to deal with the “enemy from within” during the elections on the one hand and his promise to send Americans what amounts to a bribe — $2,000 checks “toward the end of the year” — and you have the prospect of elections that are far less free and a lot less fair than the last ones.

As for the next presidential election, Trump has made his intentions clear: He is not planning to leave his throne. He may look for a pretext to cancel the vote. (When President Volodymyr Zelensky told him that Ukraine can’t have an election during the war, Trump visibly lit up: “So you mean if we happen to be in a war with somebody, no more elections? Oh, that’s good.”) He may find a way to invalidate the vote after the election — he has been laying the groundwork for such a move since his first term. Even if he doesn’t, it is foolish to think that this iteration of our national nightmare will end in three years.

One term for regimes that maintain the trappings of democracy, such as legislatures, courts and elections, but use them primarily as decoration is “electoral authoritarianism.” This is what we are becoming.

It matters what we call things — what we call ourselves. It matters for wonky reasons like reading the polls: Public opinion functions differently in democratic and nondemocratic societies. But it matters more for how we think about the future. We can’t count on change being brought about by elections when we can’t count on elections. We can’t count on the freedoms and resources we enjoy today to still be available to us tomorrow.

Ask anyone who has lived in a country that became an autocracy, and they will tell you some version of a story about walls closing in on them, about space getting smaller and smaller. The space they are talking about is freedom. In Russia, mass protest used to be possible. (The first time people got prison terms for peaceful protest, in 2012, I wrote a whole book about it.) Then mass protest became impossible and the only option was what we called the one-person picket: a person standing alone with a sign. Then people started getting arrested for standing alone with a blank piece of paper, then for “liking” something on social media. Russian journalists used to know that they could write freely as long as they stuck to culture and avoided politics; now a person can get arrested for performing a tune by a banned songwriter.

Of course, the United States is not Russia — or Hungary or Venezuela or Israel or any of the many other democracies that have turned or are turning themselves into autocracies. But now is the time to focus on the similarities and try to learn from the ways other countries have cracked down on protest, eviscerated their electoral systems, limited their media freedom and built concentration camps. The only way to keep the space from imploding is to fill it, to prop up the walls: to claim all the room there still is for speaking, writing, publishing, protesting, voting. It’s what the people of Minnesota appear to be doing, and it’s something each of us needs to do — right now, while we still can.

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