29 octobre 2025

Rêve : dans une caverne au pénombre éclairé de quelques lueurs d’un feu de camp, des gens sont accroupis, silencieux et attentifs au chant d’un homme à la voix grave, il chante dans une langue que je n’ai jamais entendu avant, la mélodie est si belle qu’elle me pénètre jusqu’à l’âme, je me mets à la chantonner en accompagnement, dans l’espoir de la ramener avec moi à l’état d’éveil. Mais dès que j’ouvre les yeux, elle s’évapore.

Les caves, elles (celle-ci sur la propriété de mes amis) sont bien réelles et quand on y chante, c’est vraiment un enchantement. Hier, comme la chanson Anathea n’arrêtait pas de me tourner dans la tête, j’y suis allée, sans allumer les lumignons, et je l’ai chantée, les yeux fermés, seulement attentive au son. Le chant remplissait l’espace.

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Encore un lever de soleil spectaculaire, ce matin — longues traînées d’un rose fuschia produisant des interstices de ciel bleu virant au turquoise, puis au vert, une sorte d’arc-en-ciel décomposé à l’horizontal aux teintes d’une intensité vibrante. Les traînées roses pâlissent en flottant au-dessus de la maison.

L’un des trois chats de la maison – le plus vieux – poussent des cris rauques, sauvages. Il le fait de jour comme de nuit et ce, uniquement depuis son installation ici en juillet. On a l’impression d’entendre un être venu d’un autre monde, dans une tragédie par Shakespeare. Les deux autres ont tendance à disparaître…en empruntant les failles dans la falaise qui les amènent aux habitations là-haut en surplomb de cette partie-ci du village. Comme le fait Shrödinger la chatte dans L’Horloger des Brumes, empruntant la faille au fond de la Caverne des Mourrus…et revenant, porteuse de nouveaux petits Shrödinger dont l’un sera appelé à la remplacer…

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Le départ du train sera très tôt demain matin.

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Dream: In the half-light from a campfire in a cavern, people are crouching in silence, attentive to the song of a man with a deep voice, he is singing in a tongue I have never heard before, the tune is so beautiful that it reaches into my soul, I start humming it in accompaniment, with the hope of bringing it back with me in the awake state. But as soon as I open my eyes, it evaporates.

The caves, however are real (this one on my friends’ property) and when you sing in them, it is truly enchanting. Yesterday as the song Anathea kept playing in my head, I went there without turning on the string of small lights and sang with my eyes closed, only attentive to the sound. The song filled the space.

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Yet another spectacular sunrise this morning — long streaks of fuschia pink producing gaps of blue sky turning turquoise, then green, a kind of rainbow decomposed on a horizontal with shades of a vibrant intensity. The pink streaks turn paler as they float over the house.

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One of the three housecats — the eldest — lets out raucus, savage cries. He does this both day and night, since their arrival here in July. He sounds like some unearthly being out of one of Shakespeare’s tragedies.The two others tend to disappear…by using the openings in the cliff leading them to the houses overlooking this part of the village. Exactly as Shrödinger the cat in L’Horloger des Brumes does when she disappears through the rift at the back of the Caverne des Mourrus… and returning with new little Shrödingers, one of which will be called upon to replace her…

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The train will be leaving very early tomorrow morning.

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