
Rêves: méthodes d’observation russes adoptées par l’Ukraine (?); accroché à un plant à re-semer, un bout de ciboulette avec racines; attente sous la pluie de quelqu’un, complications et disputes au loin.
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Pas étonnant, après une soirée qui aurait pu être assez agréable, sauf pour ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de boire trop. Comme le retour devait se faire le long d’une route très tortueuse, je ne pouvais pas faire autrement que de surveiller la consommation du chauffeur; en plus des “blagues” lourdes (en fait, pas drôles du tout); j’ai accéléré le signal du départ, sachant qu’il se déroule un minimum d’un vingt minutes additionnelles entre les premiers mouvements autour de la table et les dernières salutations à la porte.
Ça fait deuil vraiment, ce temps perdu à s’abrutir alors qu’il faisait bon, on avait assisté à un véritable ballet d’hirondelles et, le soir tombé, on pouvait voir les étoiles, sans pollution de lumière de la ville.
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L’autre jour, quelqu’un m’a demandé pourquoi je ne changeais pas l’image d’accueil sur la page facebook Maria Damcheva qui affiche toujours 59 дети (59 enfants), une inscription sur le mur de la cave où ils furent emprisonnés, entassés les uns sur les autres avec les autres habitants, pour leur crime de vivre en Ukraine, les soldats russes leur faisant un sort – pensez donc, l’occasion d’être aussi pourris que leurs maîtres; les âges de ces sacrifiés ne sont pas précisés, en faisant des recherches, je retrouverais peut-être les noms par lesquels on les appelait. Disons que la mémoire étant vraiment cette faculté qui oublie, je ne tiens pas à les laisser disparaître complètement.
Tige de ciboulette, portant racines.
Même chose pour les souvenirs accrochés à certains personnages – fictifs, dit-on. Quelques notes dans un cahier leur servant de lieu de demi-vie. Les notant, ces premiers gribouillages en éveillent d’autres. Aller-Retour. L’Horloger des Brumes y trouvera peut-être sa place, éventuellement, tel qu’écrit par l’un de ces personnages.
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Dreams: Russian observation methods adopted by the Ukrainians (?); clinging to a plant for re-potting, some chive with roots; waiting for someone under the rain, complications and quarrels in the distance.
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None too surprising after an evening that could have been pleasant enough, except for those who can’t keep themselves from drinking too much. As the drive back was along a winding road, I couldn’t avoid keeping an eye on the driver’s alcoholic intake; along with “jokes” of the heavy kind (not at all funny, in fact), I accelerated the departure signal, knowing how a minimum of an extra twenty minutes intervenes between the stirrings around the table and the final goodbyes at the door.
Saddening really, all that wasted time lost in stupefying one’s self when the air was so pleasant, we had benefited from a ballet of swallows and, after nightfall, you could see the stars, without any pollution from city lights.
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The other day, someone asked me why I didn’t change the image on Maria Damcheva’s facebook page which still shows 59 дети (59 children), an inscription on the wall of a cellar in which they were imprisoned, crammed in with other inhabitants, for the crime of living in Ukraine – just think, an opportunity for the Russian soldiers to behave as inhumanely as their masters; the ages of those sacrificed is not specified, if I were to search, I might find some of the names by which they were called. Let’s just say that memory being that faculty given to forgetfulness, I wish not to let them disappear completely.
A sprig of chive, bearing roots. Same as for the memories clinging to some characters – fictitious, as they say. A few jottings in a notebook serving as the space for their half-life. In transcribing them, these initial jottings awake others. Aller-Retour. L’Horloger des Brumes will perhaps find a place here, eventually, “as written” by one of those characters.