
Rêves: images éparses d’une nuit où il fut beaucoup question de politique : dans le premier, il fallait faire le récit d’une victoire électoral qui n’en était pas une; dans le deuxième, à bord d’un autobus, un jeune journaliste se retournait vers moi pour me raconter avoir vu un jeune homme au Bangladesh s’immoler et l’image d’un profil assis enveloppé de flammes apparaissait dans le fossé au bord de la route; dans le dernier, pendant que je voulais préparer une salade de lentilles (et découvrait que j’avais un sac de thym à la place, et qu’il faudrait donc préparer une salade de tomates), Darmanin, le ministre de la défense intérieure, se promenait, muni de deux longues tiges métalliques rattachées à des fils, comme des marionnettes, qu’il déplaçait d’une flaque d’eau à une autre, pendant que la voix d’un commentateur télé affirmait que le Président considérait Darmanin comme l’homme politique le plus loyal et désintéressé qu’il ait jamais connu (ce qui, même dans le rêve, manquait totalement de crédibilité.)
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(Ceci, noté hier soir : Bon, suffit. Un autre profil bloqué sur la page facebook Maria Damcheva parce que, comme disait le sapeur Camember dans les années 1890, “il y a des limites qu’on ne saurait franchir sans les dépasser.” Dans ce cas-ci, le monsieur, sans la moindre preuve et avant que l’enquête fasse la lumière sur les attentats perpétrés contre le réseau SNCF, entonne le numéro de la complicité syndicale et tous les membres de sa chorale rempile sur les syndicats, nids de vipères au service de l’extrême-gauche et donc dévoués corps et âme à Poutine. Qu’ils aillent se raconter leurs saloperies entre eux. (Et que les dieux nous préservent s’il y a même un seul membre d’un quelque syndicat que ce soit qui soit impliqué dans l’histoire, le chorale ira crescendo contre l’emploi même du mot “gauche”.)
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Je dois ajouter qu’avant de me coucher et de relire Le Verdict de Franz Kafka*, j’avais lu le texte profondément indigné de Tamar Glezerman dans The Guardian “Les Israéliens veulent que Netanyahou démissionne. Pourquoi le Congrès l’a-t-il invité à prendre la parole ?“
(Ah oui, et la note “soit dit en passant” dans un article au sujet du Bangladesh: la Russie propose d’y construire une centrale nucléaire, tiens donc, comme en Hongrie, ce qui facilite d’autant l’acquisition d’uranium enrichi, voyez-vous.)
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Ah vraiment, facebook parfois …! Donc, quelqu’un publie un “meme” composé à partir d’une phrase d’Ariane Mnouchkine souhaitant que les jeunes entendent autre chose que les lamentations de fin du monde, et c’est parti – non, tout est trop terrible, c’est la fin de tout, et cetera. Ce qui m’énerve profondément parce que des moments “fin du monde”, l’humanité en a connu plus d’un et que j’imagine que la France au sortir de la Première Guerre Mondiale, puis de la Deuxième, n’était pas un paradis sur terre. J’ai surtout l’impression que le décalage entre le confort matériel et les aspirations démesurées provoquées par un battage publicitaire sans relâche, combiné aux frustrations réelles et quotidiennes “mixées” à des projections catastrophiques sur ce qui les attend n’est pas un mélange des plus sains pour personne.
Mais, sous une forme ou une autre, peut-être qu’il en a toujours été ainsi.
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Je note en passant que nous sommes à la date anniversaire de la naissance de mon jeune frère. “Jeune” frère qui a maintenant 72 ans s’il est toujours de ce monde. De temps en temps, je lance une recherche pour savoir où il est. Aux dernières nouvelles, il était toujours vivant, et toujours réfractaire à l’idée de reprendre contact avec l’une ou l’autre de ses soeurs, toutes folles selon lui qui serait le seul être sain de la famille. Je suppose que nous vivons tous à partir de notre propre collection d’illusions.
Bon anniversaire à lui, quand même. Je garde de bons souvenirs de nos aventures au chalet quand je t’inventais des histoires chinoises à partir d’un bol de riz.
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Transition majeure dans L’Horloger des Brumes: les deux jeunes ont émergé dans “le monde d’en-haut”, le gamin découvre qu’il y a tout un espace entre le bleu et le haut de la falaise qui l’emprisonnait. Je rassemble doucement les morceaux de cette nouvelle réalité où le sol a des cheveux verts (mais jaunes, parfois) et de longues tiges brunes à chevelure verte aussi, et…
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Dreams: stray images from a night much devoted to all things political: in the first, a tale had to be told about an electoral victory that wasn’t one; in the second, aboard a bus, a young journalist turned around toward me to relate seeing a young man self-immolate in Bengladesh and as he spoke, the image of a sitting profile wrapped in flames appeared in the ditch by the side of the road; in the last one, as I decided to prepare a lentil salad (but discovered I had a bag of thyme instead, and decided I’d prepare a tomato salad), Darmanin , the minister of domestic security, was walking around holding two thin rods of metal attached to strings (like puppets) and dipping them in one puddle after another, while a TV commentator in a voice-over said that the President considered Darmanin as the most loyal and selfless political figure he had ever known (which, even in the dream context, sounded totally unbelievable.)
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(This jotted down last night: All right, enough. Another profile blocked on Maria Damcheva’s facebook page because, as the cartoon figure from the 1890s, Camember, the firefighter, would have said ” there are limits one cannot overstep without going beyond them“. In this case, the gentleman, without the slightest evidence from a prior investigation on the attacks perpetrated against the railway network, starts up the number on union complicitness and all the members of his personal choir pick up on the tune about unions, those vipers’ nests in the service of the radical left and thus devoted heart and soul to Putin. Let them talk their trash amongst themselves. (And may the gods preserve us if there is even a single member of any union whatsoever involved in this story, the choir will rise to a crescendo against the very use of the word “left”.)
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I must add that before going to sleep I had re-read Kafka’s The Verdict and, in The Guardian, Tamar Glezerman’s opinion piece “Israelis want Netanyahu to resign. Why did Congress invite him to speak?”
(Oh yes, and the “by the way” note in an article concerning Bangladesh: Russia is offering to build a nuclear power station over there, which greatly simplifies the acquisition of enriched uranium, don’t you know.)
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In passing I note that today is the anniversary of my young brother’s birth day. A “young” borother who is now 72 years old if he is still of this world. From time to time, I launch a search on internet to know where he is. When last checked, he was still alive, and still as opposed to the idea of contacting one or another of his sisters, all of us he considers crazy, and he, the only sane one in the family. We all live by our own set of illusions, I suppose.
Happy birthday to him anyway. I’ve kept happy memories of the times when I made up Chinese stories for you based on a bowl of rice.
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Major transition in The Watchmaker: the two young ones have emerged into “the world above” and the boy discovers there is an entire space between the blue and the top of the cliff that imprisoned them. I’m slowly assembling the pieces of this new reality where the ground has green hair (but yellow at times), and long brown poles with green hair too, and…