25 juillet 2024

(Paul Klee, j’en ai oublié le titre – I’ve forgotten the title)

Rêves : du premier ne me reste pas une seule image, seule la réflexion que je me faisais dans le rêve que si seulement il se voyait alors qu’il insiste pour être président, il arrêterait; mais non, juste alors survenait le son de sa voix, et c’était tout le reste qui s’arrêtait. Puis: atelier d’aquarelle. Il faut choisir un ou une partenaire et trois couleurs maximum. Nous sommes quatre, donc, deux groupes. Je choisis du gris pour le fond, plus de l’orangé et du vert dont je ne sais pas ce que je ferai et ne parviens jamais à connaître la partenaire parce que l’atelier devient terriblement désorganisé avec des enfants qui s’agrippent au professeur et il n’y a plus moyen de rien faire; puis, des rues vides et bloquées en prévision des JO, je suis avec une amie qui parle d’aller au restaurant quand elle aperçoit soudain la pub pour un film et se précipite pour aller le voir. Je lui dis que le cinéma est derrière les barricades, qu’on ne pourra plus circuler ensuite, qu’il y a déjà foule de ce côté, mais elle veut s’y rendre quand même. Je me réveille en me demandant encore ce que je vais faire de l’orangé et du vert.

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J’ai une amie abonnée à la revue Télérama. Après lecture, elle m’en apporte des piles que je feuillette; parfois j’y trouve de belles images, parfois des pépites au milieu de beaucoup de blabla.

Dont, hier, ces deux phrases dans le numéro du 8 au 14 juin 2024, dans une entrevue consacrée à Ariane Mnouchkine, fondatrice il y a soixante ans du Théâtre du Soleil qu’elle dirige toujours à 85 ans. La première de ces phrases en parlant des débuts du Théâtre du Soleil: c’était “la promesse du bonheur. Donc, le bonheur.” Et vers la fin, concernant la place qu’occupe le théâtre et les comportements à son égard: “Aujourd’hui, on confond souvent vérité et méchanceté.”

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Lecture suivie par le discours de Netanyahou devant le Congrès américain – un spectacle de théâtre d’un cynisme et d’une démagogie que je ne saurais comparer à aucun autre . L’ensemble des représentants Republicains l’ont gobé, comme c’était prévisible puisque chaque mot avait été pesé pour répondre à leurs attentes.

De la Cisjordanie, il n’y eut pas un mot. La femme de Netanyahou l’accompagnant lors de cette visite, vue dans les estrades, caressant une des jeunes otages transformée en otage du discours de Netanyahou, pendant que d’autres parents d’otages se voyaient retirés de la salle et arrêtés, menottes aux poignets; l’exploitation par Netanyahou de la présence de quatre “héros” militaires dans la salle pour susciter un maximum d’émotion; multiplication de mensonges et de demi-vérités destinés à provoquer des ovations debout, y compris concernant les morts de civils à Gaza. Bref, la démonstration totale et sans vergogne par un homme dont le seul et unique intérêt réside dans sa propre survie politique.

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Hier ou avant-hier, je ne sais plus, les algorithmes sur cette plate-forme ont déclenché un message de félicitations enthousiastes au vu de l’augmentation enregistrée du nombre de lecteurs de ce blog. Comme le blog en question est d’accès public, certains et certaines y accèdent éventuellement, le lisent peut-être ou pas, c’est selon. Je tiens ce blog depuis…quoi, 5 ? 6 ans ? et mon but n’a jamais été d’y attirer des lecteurs. Il s’agit pour moi d’un lieu où je me permets de faire un premier tri dans le fouillis permanent régnant dans ma tête, question – autant que possible – de dégager suffisamment d’espace pour poursuivre l’écriture de récits qui me tiennent à coeur. Jusqu’à date, de ces récits, je n’ai réussi qu’à en publier un seul en auto-édition, Contes d’Exil, sous mon “nom de plume” de Maria Damcheva, plus quelques nouvelles en mini-versions imprimées à la maison et distribuées à des amis.

Evidemment, je suis touchée et même ravie lorsque mes écrits sont appréciés mais jusqu’à date, le plus important pour moi a toujours été, et demeure, de trouver les mots les plus justes possibles pour les images plus ou moins floues flottant dans ma tête – une chose que la plupart d’entre nous ne sommes jamais incités à faire, puisque le but de l’éducation semble être quelque chose de complètement différent. Certains y parviennent – la preuve s’en trouve dans la pile de livres qui m’entourent. À quelques mois de mon 78e anniversaire, je n’imagine pas y trouver mes propres histoires un jour, me contentant de fignoler ma petite musique personnelle en accompagnement.

Alors, bonjour et bienvenue si ces réflexions vous sont utiles, au-revoir et bonne route à vous, sinon. Pour ma part, je vais maintenant aller voir sur quoi les méandres de la nuit déboucheront aujourd’hui.

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Dreams: of the first I don’t recall a single image, just as I was thinking to myself in the dream that if only he could see himself insisting to be President, he would stop; but no, just then his voice boomed out and it was all the rest that came to a stop. Then: watercoloring workshop. I had to choose a partner and a maximum of three colors. There were four of us, thus, two groups. I chose grey for the background, plus orange and green but with no idea what to do with them and I never get to know my partner because the workshop becomes terribly disorganized with a bunch of children clinging to the teacher and nothing can get done; then, empty streets blocked for the Olympics, I am with a friend who talks of going to the restaurant when she suddenly sees an ad for a film and rushes off to go see it. I tell her the cinema is behind the barricades, we won’t be able to move around afterwards, that there’s already a crowd gathered on that side, but nothing doing, she wants to go there. I wake up, still wondering what I’ll paint with the orange and the green

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I have a friend who subscribes to the magazine Télérama. After reading, she brings me piles of them I leaf through; sometimes I find beautiful photos, sometimes nuggets amidst a lot of chatter.

Among the nuggets yesterday, these two sentences in the June 8-14 2024 edition, culled from an interview with Ariane Mnouchkine, founder of Théâtre du Soleil sixty years ago, a theater company she still directs at age 85. The first of these sentences when talking about the beginnings of Théâtre du Soleil: it was “the promise of happiness. Thus, happiness.” And toward the end, about the space theater occupies and the attitudes toward it: “These days, there’s often confusion between truth and nastiness.”

A reading followed by Netanyahu’s speech in front of the American Congress – a spectacle of theatrics of a cynicism and a demagogery I can’t compare to any other. The entire body of Republican representatives gobbled it all down as it was predictable they would, since every word was trimmed to their expectations.

About the West Bank, there was not one word. Netanyahu’s wife accompanying him on this trip, seen stroking the young woman hostage recently returned to Israel and now held hostage to Netanyahu’s speech; while the parents of other hostages were being removed from the hall, handcuffed and placed under arrest; the exploitation of four military “heroes” to milk the emotions to the hilt; the lies and half-truths designed to provoke standing ovations, including about Palestinian civilians in Gaza. In short, a total and unabashed cynical production by a man whose only abiding interest resides in his own political survival.

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Yesterday or perhaps the day before, I don’t remember, the algorithms on this platform triggered an enthusiastic congratulatory message in view of an increase in the number of readers of this blog. Since the blog is publicly accessible, some people eventually come across it, read it or don’t, who knows. I’ve kept this blog going for…what, 5? 6? years and my aim was never to attract a readership. This is essentially a space where I allo myself a first culling in the permanent mess holding sway in my head, in order to – as much as possible – clear sufficient space in which to continue writing the stories that matter for me. So far, of these stories, I’ve only managed to self-publish Contes d’Exil under my “pen name” of Maria Damcheva, plus a few short stories on a home printer, for distribution to a few friends. .

Of course, I’m touched and even delighted when my stories are appreciated but so far, the most important aspect for me has been, and remains, finding the most adequate words possible for the more or less fuzzy images looking for an adequate form of expression – something that most of us are never, ever, encouraged to do, since the main purpose of education appears to be something else entirely. Some manage to do it – proof being in the piles of books surrounding me. A few months short of my 78th birthday, I don’t visualize ever seeing my own stories among them, being quite content with tinkering away at my own as a kind of accompaniment to them.

So, hello and welcome if you find these thoughts useful, good-bye and happy trails to you, if not. Personally, I will now set out to see where the night’s meanderings will lead me today.

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