19 juillet 2024

Rêves: les mots “historia di lutto” me réveillent; je me rendors où je dépose ma poule de compagnie adorée dans un monastère au Mexique (long corridor en carrelage) avant de partir en mission dont je ne parle à personne, parce que ‘top secret’; puis, une table immense occupée par trois ou quatre personnes seulement, dont un homme à barbe qui parle sans arrêt, je ne retiens rien de ce qu’il dit, il se déplace d’une chaise à l’autre comme dans le thé chez les fous dans Alice au Pays des Merveilles, pendant que j’essaie de ranger tout ce qui traîne sur la table – bouts de plastique, verres, une petite bouteille vide qu’il a utilisée et que je tente de recapsuler.

*

Pour un long moment, je suis ici devant mon écran à absorber ce que je viens de lire – la chronique d’André Markowicz, suivie de celle de Françoise Morvan sur les destructions de la mémoire qu’opèrent quotidiennement les militants de la haine pour qui la vérité n’est jamais bonne à dire. Juste avant cela, j’avais lu les grandes lignes du discours de Trump dans lequel il promet la déportation de quelques 11 millions de personnes qu’ils qualifient de “meurtriers, violeurs, criminels” puisque, voyez-vous, dans le discours Trumpien, les choses vont de mieux en mieux en Amérique du Sud qui se débarrasse de tout ses “déchets” en les envoyant aux Etats-Unis. Discours prononcé devant ses fidèles énamourés selon lesquels c’est le petit Jésus lui-même qui a dévié la balle de l’assassin qui a effleuré l’oreille du grand homme (on ne précise pas ce que le petit Jésus avait de vindicte envers le malheureux qui a pris une balle meurtrière derriere le grand homme, ni en quoi la vindicte du petit Jésus était un peu moins sévère en ce qui a trait aux deux blessés.)

Voilà.

Nota bene, quand même: l’épouse du vice-président présomptif de Trump est hindoue. Les délégués ont donc eu droit à une prière hindoue qui en a rendu plus d’un furieux, qui ont hurlé au blasphème. Qu’est-ce qu’on s’amuse au pays de la haine…

*

Alors, L’Horloger des Brumes. Tenter d’imaginer un monde qui ne serait qu’à 56 ans dans l’avenir par rapport à celui-ci n’est pas simple. Je crois que je vais devoir le déplacer un siècle et demi plus éloigné de 2024 si je veux conserver de la marge pour l’imaginaire. Ce qui, en soi, représente un acte de foi incroyable concernant l’avenir, quel qu’il soit…

*

Dreams: the words “historia di lutto” wake me up; I go back to sleep where I left my adored pet hen in a monastery in Mexico (long tiled corridor) before taking off on a mission I didn’t discuss with anyone, because it was “top secret”; then, a huge table only occupied by three or four people, including a bearded man who talks constantly, I don’t recall anything he says, he keeps moving from one chair to another, like at the Mad Hatter’s tea party in Alice in Wonderland, while I attempt to clean up stuff strewn about the table – bits of plastic, glasses, a small empty bottle he used on which I attempt to put the lid back on.

*

For a long moment, I’m here in front of my screen, absorbing what I’ve just read – André Markowicz’ column followed by that of Françoise Morvan concerning the destructions operated daily on memory by the activists of hatred for whom the truth is never worth telling. Just before that, I had read the main lines of Trump’s speech in which he promises the deportation of some 11 million people he brands as “murderers, rapists, criminals” because, you see, in the Trumpian discourse, things are getting better all the time in South America which is getting rid of its “garbage” by sending it to the United States. Speech before his adoring fans for whom the little Jesus in person deviated the assassin’s bullet that grazed the great man’s ear (they don’t specify exactly what the little Jesus had against the poor guy who took the murderous bullet behind the great man, nor in what the little Jesus’ vindictiveness was less severe as pertains to the two who were wounded.)

Voilà.

An N.B. nonetheless: the wife of Trump’s presumptive vice-president is Hindu. Delegates were thus entitled to a Hindu prayer that infuriated several of them who howled “blasphemy!” Such fun and games to be had in the land of hatred.

*

So, The Watchmaker. Attempting to imagine a world set only 56 years in the future from now is not a simple thing. I think I’ll have to make that a full century and a half after 2024 to maintain some leeway for the imagination… Doing so representing in itself an incredible act of faith in the future, whatever it may be.

Leave a comment