20 février 2024

Chose certaine, l’image de tous ces appareils-photos dans le rêve se rapportait à Là où les enfants s’amusent où je suis à concevoir le Post-scriptum portant sur les divers personnages apparus dans les 4 différentes parties qui l’auront précédé. Le post-scriptum intervenant trois ans plus tard, juste à la veille de – ou au début – du Grand Dérangement connu sous le nom de Covid-19.

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Chose certaine aussi, je sens le besoin de concentrer mes énergies; je ne sais pas comment le dire autrement, mais quand je vois la profusion de messages inondant mon mail – et le peu d’enthousiasme que j’éprouve à répondre à la plupart – il est évident qu’il est temps de réduire la voilure.

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Instant d’une telle beauté hier que je m’en suis littéralement exclamé tout haut: sur la hauteur de la berge opposée de la rivière, sous un nuage d’un gris anthracite, la floraison rose pâle du prunier sauvage semblait illuminé de l’intérieur.Je préfère préserver de tels moments avec des mots, plutôt qu’en photo. Évocation vivante de l’image intérieure plutôt que tentative de la fixer de façon objective.

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Relu The Magician de Colm Toibin* hier soir; son évocation fictive de Thomas Mann, de sa certitude initiale que la montée de la petite bande de racailles autour d’ Hitler n’était qu’un épiphénomène de l’après-guerre et serait sans conséquences à long terme. Impossible à lire maintenant sans profondes inquiétudes au sujet de ce qu’augure le jeu meurtrier d’échecs se jouant à l’échelle mondiale.

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Gérer mes bouts de ficelles. (C’est comme ça que mes histoires me sont apparues en rêve; la description me paraît juste; j’ai le choix : soit des bouts de ficelles, ou des morceaux de puzzle disparates. Oui, je sais : ça serait chouette si l’observateur omniscient existait pour rattacher tous les morceaux; mais justement, il n’existe pas.)

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Je relis ceci, une heure après l’avoir mis en ligne. Les mots “profondes inquiétudes” sont vraiment un euphémisme.

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Et oui, j’y reviens encore, trois heures plus tard, après avoir lu le blog de carnets paresseux qui m’a fait un bien curieux effet, justement parce que ce que j’écris en ce moment est justement ce que je qualifierais ‘d’anti-polar’ puisque rien des événements criminels du passé ne s’y trouve résolu. L’antithèse d’un Cluedo, à bien des égards, la plupart de ceux et celles qu’on qualifie de “victimes” n’ayant pas le bénéfice d’un Hercule Poirot ou d’un Inspecteur Maigret leur présentant la solution à la dernière page, toute enrubannée, kirikiki-mon-histoire-est-finie.

Mais, si j’ai bien compris, ce dont il est question sur le blog de carnets paresseux, c’est d’un polar inabouti. Enfin, je crois.

*Colm Toibin, The Magician, Viking Penguin Random House, 2021

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One thing is certain, the image of all those cameras in the dream referred to Where the Children Play where I am juggling with a PS concerning all the various characters that have appeared in the 4 different sections preceding it. The PS occurring three years later, just before – or at the beginning of the Great Disturbance aka Covid-19.

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Another thing that is certain is that I feel the need to concentrate my energies; I don’t know how to say this otherwise, but when I see the quantities of messages in my email – and the lack of enthusiasm I experience in answering most of them – it’s obvious that the time has come to cut back.

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A moment of such beauty yesterday that I literally exclaimed out loud: on the rise of the opposite shore of the river, under an anthracite-grey sky, the pale pink blooms on the wild plum tree seemed to glow from within. I prefer recording such moments in words, rather than photos. Evoking a living inner image rather than attempting to pin it down in an objective way.

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Re-read Colm Toibin’s The Magician last night. His fictional evocation of Thomas Mann and of his initial certainly that the rise of the little ragtag mob around Hitler was nothing other than an epiphenomenon of the post-war period with no long-term consequences. Impossible to read this now without deep concerns over what current events could augur in the deadly world-wide game of chess playing out.

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Managing my bits of string (this is how my stories appeared to me in a dream; the description strikes me as apt. It’s either bits of string or a jumble of more or less related pieces of puzzle. Yes, I know, it would be great if there was an omniscient observer to tie all the pieces together; but precisely: there is none.)

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I read through this one hour after putting it online. The words “deep concerns” are truly an euphemism.

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And yes, I’m back again, three hours later, after reading carnet paresseux’ blog which had a straange effect on me, precisely because what I’m writing at the moment could be labelled as anti-noir since none of the criminal events from the past find a resolution in it. The opposite of a game of Clue, in many respects, since most of those we call “victims” do not have the benefit of an Hercule Poirot or an Inspecteur Maigret showing up with the solution on the last page, all beribonned, bim-bam-bom-and-all-is done.

But, if I understand correctly, what carnet paresseux’ blog concerns a novel of the noir genre that doesn’t work. At least, I think that’s what it’s about.

2 comments

  1. Toujours surpris (et fier, même sottement) que mes bouts de ficelles attirent l’attention. De cette “Impossible solution”, je dirai plutôt qu’il s’agit d’un polar irrésolu, qui ne sait pas plus que son lecteur (ou que son auteur, s’il en a un) à quoi il doit aboutir (oui, d’accord, dans ce cas, inabouti va bien aussi).

    mais bon, c’est d’abord un double pastiche, de roman si bien machiné que chaque détail comptera, et aussi pastiche de compte-rendu qui-se-croit-plus-malin-que-le-roman.

    Je note pour l’emprunter plus tard le “kirikiki mon histoire est finie” qui est si exactement ce qui m’horripile dans les romans policiers et les romans… j’ai toujours envie de demander “et après, qu’est-ce qu’il arrive ?”

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    • Oui, c’est justement cet aspect d’équation algébrique bien nette, bien propre qui me paraît terriblement fausse – enfin, fausse, non, si ce qu’on recherche, c’est la résolution à une équation ou à une énigme, alors que ce qui m’intéresse, c’est justement comment se vit et s’organise “l’après” menant à une autre “après”, et ainsi de suite. En ce moment, je galère surtout à rendre la structure de ces imbrications de récits aussi lisibles que possible et la lecture de votre blog m’a causé un “My God !” énorme du genre – ouh lala, est-ce à ça que ma construction risque de ressembler ?? (Je me calme, je respire, je poursuis et on verra bien…)

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