
(Tarik Essalhi, Le Diable des Carrefours -The Devil of the Crossroads)
Je ne sais pas ce que le Diable des Carrefours représente pour le sculpteur Tarik Essalhi. Pour moi, il est l’image même de la passivité choisissant un aveuglement volontaire pour mieux abandonner le choix de la route à suivre. Dans le style “à quoi bon ?”
Pendant ce temps :
Passons à l’étape suivante du délire mental : les membres du Republican Party aux Etats-Unis invoquent le premier amendement de la constitution américaine, garantissant le droit à la libre expression pour accuser les Démocrates de violer les droits de ceux qui nient la validité de l’élection présidentielle de 2020. En effet, selon eux, l’administration Biden, agissant en collusion avec le “big tech”, ont exercé une censure contre ceux qui prétendent que Biden a gagné cette élection.
En. passant, ce sont les mêmes qui exercent une censure de plus en plus énorme contre ce que les enseignants peuvent enseigner en classe qui embêteraient les opinions créationniste ou racistes d’un parent . Mais, évidemment, à les entendre criailler de plus en plus fort, les victimes comme toujours, ce sont ceux qui ont créé et nourri le mensonge au sujet d’une élection gagnée sans contredit par Biden (et dont une majorité d’électeurs républicains croient toujours que cette élection leur a été ‘volée’.)
Dans un climat pareil, et vu l’ignorance vertigineuse et la désinformation cynique entretenues sciemment avec des réseaux d’information tel Fox News et la flopée de “réseaux sociaux” abonnés aux thèses complotistes, on a l’impression de voir la société américaine se désagréger devant nos yeux.
Et pas que. La pourriture se répandant bien au-delà des frontières américaines, comme nous sommes à même de le constater ici en Europe, ainsi qu’en Afrique et en Asie, tous les jours.
Depuis quand la liberté d’expression signifie-t-elle le droit de s’acharner à démanteler les règles fondamentales permettant la vie en commun, que nous soyions d’accord ou non, comme si nous n’étions rien d’autre qu’une meute de bouffons décérébrés ?
C’est l’une des faiblesses comme l’une des forces dont nous héritons à la naissance: celui de devoir, génération après génération, reprendre le fardeau pour créer du sens à l’existence humaine. Au besoin, maintenir un espace, aussi petit soit-il où la raison et la sensibilité travaillent ensemble. (J’aime bien, par exemple, la citation complète qui accompagne Los Caprichos #43 de Francisco Goya. Elle ne dit pas : “Le sommeil de la raison engendre des monstres “; la citation complète se lit : “Abandonnée par la raison, l’imagination engendre des monstres impossibles, unie à elle, elle est la mère des arts et la source de leurs merveilles.”)
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Au niveau de mon quotidien, j’espère qu’aujourd’hui sera la dernière fois que je reviserai la mise en page de Contes d’Exil avant de convertir le dossier au format PDF et de l’expédier chez l’imprimeur. Le résultat ne sera pas aussi professionnel que je l’aurais souhaité ? C’est bien dommage. En avant, et passons à autre chose.
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I don’t know what the Devil of the Crossroads represents for sculptor Tarik Essalhi. To me, it represents the image of passivity choosing willfull blindness in order to avoid choosing the road to follow. In a “what’s the point” manner.
Meanwhile:
On we go to the next step of insanity: members of the United States Republican Party are invoking the first amendment of the American constitution, guaranteeing the right to free speech in order to accuse the Democrats, in “collusion with big tech”, of violating those rights to American election deniers.
These of course are the same people exercising an ever growing censorship against what teachers can teach in class that might bother creationist or racist opinions of a parent. As always, the” victims” are the loudmouth crybabies who created and fed the lie concerning an election clearly won by Biden (and one the majority of Republican voters still consider was “stolen” from them.)
In such a climate, and given the dizzying level of ignorance and the cynical disinformation wilfully maintained by information networks such as Fox News and the barge-full of “social networks” spreading various conspiracy theories, you get the impression of seeing American society disintegrate before your eyes.
And not only :The rot spreading way beyond the American borders, as we witness over here in Europe, as well as in Africa and in Asia, every day.
Since when does the right to free speech mean the right to hack away at the basic rules allowing for living together, whether we agree or don’t, as if we were nothing but a pack of rampaging mindless buffoons?
It’s one of the weaknesses as well as the strengths each one of us inherits at birth: generation after generation, having to pick up the burden of making sense out of the human existence. (I really like the complete quote in Francisco Goya’s Los Caprichos #43 which does not only say : The sleep of reason engenders monsters; the full quote reads: “Abandoned by reason, imagination engenders impossible monsters, united with it, it is the mother of the arts and the source of their marvels.“)
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At my daily level, I hope that today will be the last time I revise the layout of Tales of Exile before converting it to the PDF format and sending it off to the printer’s. The result will not be as professional as I would have liked ? Well, that’s just too bad. Onward and on to something else.