
Je suppose qu’il en est de même pour les autres usagers de l’internet : à l’occasion, et malgré les divers systèmes de blocage de publicités et autres indésirés, une saloperie quelconque parvient à déjouer les filtres. Messages que j’efface en tant qu’indésirables. Tout ce que je veux en dire c’est que certains tombent bien bas dans les capacités de turpitude chez l’humain. Il faut croire que ceux/celles qui plongent dans la turpitude aiment bien l’idée d’en contaminer les autres. Désolée pour vous, habitants des cercles de l’enfer, je suis impuissante à vous aider, impuissante à vous faire taire, ou à vous “sauver”. Reconnaître son impuissance, c’est parfois la seule option possible. Il y a belle lurette que le syndrome Jésus-chargé-de-vos-péchés a démontré son incapacité à éliminer l’appétence de certains pour la turpitude. Ne reste qu’à poursuivre sa route en assumant les limites de ses compétences, et en refusant de partager les saloperies des autres.
*
En rentrant chez moi hier, j’ai trouvé au courrier la copie usagée des écrits de Daniil Harms dans la traduction de Jean-Philippe Jaccard publiée en 1993* (pour accompagner celle d’André Markowicz que j’ai déjà.) Hier soir, en ouvrant au hasard (comme je le fais toujours à un premier contact avec un livre), je suis tombée sur la note suivante à la page 562 : ‘Le titre exact de l’oeuvre citée de Kozma Proutkov est Fable narrant ce que, c’est-à-dire, comment un philosophe s’est trouvé sans concombres (fin des années 1830). Cette fable, qui raconte comment un philosophe essaye de faire pousser des concombres par la force de l’esprit, est écrite dans un style parlé et cahotant qui ressemble beaucoup à celui de Harms.“
(Vérification faite sur le net, Kozma Proutkov est un pseudo collectif (son portrait, tout aussi fictif, est assez remarkable.)
(Mais j’en reste aux concombres fictifs qui refusèrent de croître par la force de l’esprit.)
*
(Et je poursuis, dans mon propre style chaotique, laissant aux autres le soin de se raconter leurs propres histoires à leur propre manière, chaotique, insupportable, ou apparemment ordonnée.)
(Pour l’heure, finaliser, puis transcrire mes notes manuscrites sur Ce qui s’est vraiment passé au Paradis.)**
*Daniil Harms, Écrits, traduction Jean-Philippe Jaccard, Christian Bourgeois éditeur, 1993
**histoire qui débute ainsi: Au huitième jour, bien reposé, Dieu alla jeter un coup d’oeil sur sa dernière création. Déjà, il y avait fait une révision quand il avait constaté à quel point Adam était vite à s’emmerder et même, à jouer avec son zizi par pur désoeuvrement. Raison pour laquelle Dieu lui avait créé une compagne, semblable mais assez différente dans les détails pour représenter un “challenge” intéressant. Mais, bof, Adam s’en désintéressait déjà.
*
I guess the same happens to other internet users: occasionally, and despite various systems blocking ads and other undesirables, some filth or other manages to pass through the filters. Messages I erase as undesirable. All I want to say about them is that some fall very low in human capabilities for turpitude. Apparently, those who plunge into it like the idea of contaminating others with their own filth. Sorry for you, inhabitants of the circles of hell, I am powerless to help you and also powerless to shut you up or “save” you. Acknowledging one’s powerlessness is sometimes the only possible option. It’s been a while since the Jesus-bearing-your-sins Syndrome has demonstrated its inability to eliminate the appetite some seem to have for turpitude. All that remains is to stick to your own road and acknowledge the limits of your own competence, while refusing to share in other people’s filth.
*
When I came home yesterday, I found in the mailbox a second-hand copy of Daniil Harms’ writings, translated by Jean-Philippe Jaccard and published in 1993 (as a companion piece to the translations by André Markowicz I own already). Opening the book for the first time last night, randomly as I always do for a first contact, I came across the following note on page 562: “The exact title of the work quoted by Kozma Prutkov is Fable relating what, which is to say, how a philosopher found himself devoid of cucumbers (end of 1830s). This fable relating how a philosopher attempted to grow cucumbers by the sheer power of his mind, is written in a spoken and chaotic style quite similar to that of Harms.”
(A quick check on the net reveals the name as a pseudonym for a collective (the fictitious portrait is quite remarkable. The English version describes the author as “Master of Obviousness”.)
(But I’ll stick to those fictitious cucumbers refusing to grow through the power of the mind.)
*
(And so, on I go, in my own chaotic way. Leaving others to their telling of their own stories in their own chaotic, unbearable, or seemingly controlled manner.)
(For the time being: finalize and transcribe my notes on What Really Happened in the Garden of Eden.)
The story begins as follows: On the eighth day, well rested, God went to take a look at his latest creation. He had already done a revision to it when he had realized how quickly Adam became bored and even played with his pecker from sheer idleness. Reason for which God had created a companion for him, similar but with enough differences in the details to represent a challenge. But ho-hum, Adam was losing interest already.