
J’ajouterai d’autres extraits traduits de l‘interview de Timothy Snyder par Ezra Klein;. Pour l’heure, celui-ci :
“Un autre facteur sous-jacent qui garantit les mauvaises idées, c’est l’inégalité. L’inégalité rend difficile la tenue de conversations sérieuses parce que les gens qui contrôlent les ressources finisshed par monopoliser les conversations. Ce qui fait qu’on se retrouve about the idées incroyablement stupides comme de s’établir dans l’espace ou l’immortalité, ou toute autre chose. Mais ces choses consomment…les ressources intellectuelles, elles occupent trop d’espace dans le décor de sorte que de meilleures conversations n’ont pas lieu, en fait.”
Elon Musk, Jeff Bezos…sans parler des récentes pleurnicheries d’un Bill Gates bouffant de l’espace médiatique pour l’utiliser comme un cabinet de psychothérapie. “J’ai causé de la souffrance,” dit-il. Ben oui, mon gars, alors vas ramasser tes propres pots cassés, on en a tous et toutes à gérer, sans polluer les ondes en lamentations publiques pour s’attirer attention et sympathie.
Et passons aux choses sérieuses.
Hannah Arendt est morte avant de terminer The Life of the Mind. Dans l’introduction, elle explique comment la pensée s’est développée, suite à la controverse causée par sa description du nazi Eichmann comme démontrant “la banalité du mal” – expression qu’elle utilisait pour décrire comment la pensée de ce criminel semblait se composer uniquement d’idées toutes faites et d’expressions convenues. Bref, comment il semblait ne jamais “penser” dans le sens d’un examen personnel le moindrement approfondi de ce qu’on lui avait inculqué.
Et Arendt d’écrire alors: “La question qui s’imposa fut: se pourrait-il que l’activité de penser en tant que telle, l’habitude d’examiner tout ce qui se passe ou qui retient l’attention, sans égard aux résultats et au contenu spécifique, se pourrait-il que cette activité fasse partie des conditions qui conduisent les humains à s’abstenir de faire le mal, ou même, les “conditionne” contre sa commission? (En tout cas, le mot même de “con-science” semble pointer dans cette direction, en autant qu’il signifie “connaître avec et par moi-même…”).
Matière à réflexion, en effet.
*
I’ll be publishing further excerpts from the Timothy Snyder interview by Ezra Klein: For now, the following:
“Another underlying factor that guarantees bad ideas is inequality. Inequality makes it hard to have serious conversations because the people who control the resources end up monopolizing the conversations. So we have unbelievably stupid ideas about going to space or immortality or whatever it might be. But these things consume…the intellectual resources, they take up too much space in the landscape so that better conversations can’t actually take place.”
Elon Musk, Jeff Bezos…not to mention the latest whimperings from Bill Gates hogging media space to use it as a psychotherapist’s office. “I caused pain” he says. Well, yeah, guy, so go pick up your own broken dishes, we all have our own to manage, without polluting the air waves with our laments aimed at gaining attention and sympathy.
And now, on to serious stuff.
Hannah Arendt died before finishing The Life of the Mind.* in the introduction she explains how, following the controversy caused by her description of the Nazi Eichmann as displaying the “banality of evil” – an expression she used to describe how the thinking of this criminal seemed to be solely made up of ready-made ideas and conventional expressions. In short, how he never seemed to “think” in the sense of the slightest searching beyond what he had been taught to think.
She then writes: “The question that imposed itself was: Could the activity of thinking as such, the habit of examining whatever happens to come to pass or to attract attention, regardless of results and specific content, could this activity be among the conditions that make men abstain from evil-doing or even actually “condition” them against it? (The very word “cons-science” at any rate, points in this direction insofar as it means “to know with and by myself…”
*Hannah Arendt, The Life of the Mind, Harcourt, Inc.