bluff

Non, évidemment, l’illustration n’est pas celle de la tête d’une quelconque statue de la Marianne française. Tout simplement, un morceau brisé d’espagnolette à tête de bergère, trouvé comme ça et à laquelle j’exprime parfois mes opinions, à défaut de les faire connaître à ceux qui mériteraient davantage de les entendre (mais qui s’en ficheraient très certainement.) Je suis une adepte vigoureuse de saines vocalisations pour les personnes vivant seules. Dans mon cas, il s’agit surtout de chansons (mais ça, mes amis ne le savent que trop bien) mais pas toujours.

De toute façon, au réveil ce matin, j’ai regretté de ne pas être une ourse en hibernation parce que je n’avais aucune envie de lire d’autres horreurs commises dans le monde des humains. Mais, finalement, j’ai bien fait de retrouver ma forme humaine au sortir du lit parce qu’aussi sympa que puisse être une ourse, ses pattes ne sont pas adaptées à l’écriture. Eh. Et malgré tout, écrire demeure une forme préférée de “vocalises” dans mon cas. ( Je note au passage que la chorale La Rugissante à laquelle j’appartenais avant le Covid s’apprête à enregistrer douze de ses interprétations tirées d’un répertoire international. Façon de transformer autrement l’énergie ‘explosive’. )

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Mais bon, revenons aux tristes réalités de bluffs qui en sont sur la ligne plus fine qu’un cheveu entre les grognements bruyants et le déclenchement d’une attaque encore plus meurtrière que la précédente – et que, j’en suis certaine, Monsieur Poutine est plus que volontaire à déclencher (je parie que son plan d’attaque doit comporter de multiples sous-paragraphes sous celui intitulé “éventualités”. Cet homme ne passe tout simplement pas assez de temps à chanter. Si ce n’est ce bel hymne au lac Baïkal …ceci pour les lecteurs et lectrices du Maître et Marguerite de Boulgakov, marquant un moment dans le livre où j’ai ris toute seule et à voix haute.)

Oui, je sais que l’époque n’est pas à rire à voix haute. À moins de le faire comme une forme d’hygiène qui me semble préférable à des séances de rage constante et inefficace. Et puis, si des gens comme Boulgakov et Mandelstam pouvaient rire dans les années trente en Union soviétique, il nous reste à nous encore beaucoup d’espace pour rire chaque fois que l’occasion s’en présente.

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No, of course, the illustration is not that of the head off some statue or other of the French Marianne. Simply a broken piece from a window catch shaped like the head of a sheperdess, found accidentally and to whom I sometimes express my opinions, failing the opportunity to tell them to those who would better deserve to hear them (but would most certainly not care one way or another.) I’m a strong proponent of healthy vocalizations for people living alone. In my case, they mostly consist of songs (but that, my friends know only too well), but not always.

At any rate upon waking this morning, I regretted not being a hibernating bear because I had no wish to read about more of the horrors committed in the world of humans. But in the end, I was well advised to recover my human shape in leaving the bed because, no matter how sympathique a bear may prove to be, its paws are not adapted to writing. Eh. And despite everything, writing does remain a favored form of ‘vocalizing’ in my case. (I note in passing that the choral group La Rugissante to which I belonged before Covid is about to record twelve of its interpretations drawn from an international repertoire. A different way of transforming ‘explosive’ energy.)

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But for all that, let’s get back to bluffs walking a line finer than the width of a hair between loud growls and the launching of an attack even more deadly than the preceding ones – and which I’m certain Mister Putin is more than willing to launch (his plan must have a series of sub-articles under the heading of “other contingencies”. In my opinion, that man simply doesn’t spend enough time singing… even a very fine hymn to the Baikal – this, for readers of Bulgakov’s The Master and Margarita, marking a moment in the book that had me laughing out loud.)

Yes, I know the times are not to laughing out loud. Unless you do so as a form of hygiene where it strikes me as the better choice when set against constant and ineffectual raging. If the likes of Boulgakov and Mandelstam could manage to laugh in the 1930s in the Soviet Union, there’s still much much room left for the likes of us to laugh every time the opportunity shows up.

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