Le grand n’importe quoi/the great anything goes

Nous avions déjà Bill Gates, ce grand bienfaiteur de l’humanité, occupé à “sauver l’Afrique” en obligeant les paysans à s’endetter pour pratiquer la mono-culture avec des semences OGM stériles. Vient s’y joindre cet autre grand humaniste, Jeff Bezos (appelez-moi Zorro) qui a vécu sa prise de conscience là-haut dans sa navette d’où il a constaté la fragilité de notre petite planète. Alors, ni une ni deux, Zorro annonce qu’il va investir un milliard de dollars dans notre sauvegarde collective. Où et comment le milliard en question sera-t-il investi ? Je vous en prie: un communiqué de presse à la fois, ne vous bousculez pas au portillon pour les contrats.

Et puis, on attend l’entrée en scène des autres milliardaires qui ne voudront pas se laisser distancer dans ce nouveau jeu auquel ils vont bien s’amuser à produire des retombées à leurs investissements. Reconstruire une cathédrale à Paris, c’est un exercice de petit milliardaire. Les grands milliardaires, eux, prennent le réchauffement climatique à bras le corps. Et hop – un milliard par ci, un autre milliard par là, vive la néo-ploutocratie, le fric, y que ça de vrai. Tu prends l’Afrique, je te pique l’Amérique latine, qui s’occupe de l’Inde ?

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Je retourne à mes écrits.

(L’illustration nous montre l’émerveillement de Bezos – appelez-le Zorro – découvrant la fragilité de notre petite planète. Sidéré comme un gosse, il était.)

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We already had Bill Gates, that great benefactor of humanity, busy “saving Africa” by forcing peasants to go into debt with mono-cultures of sterile GMO seed. Another great humanitarian joins him, one Jeff Bezos (call me Zorro) who experienced his moment of self-realization up in his spaceship from where he became aware of our little planet’s fragility. Wasting no time, Zorro announced he would invest a billion dollars into our collective salvation. Where and how the billion will be invested? Please: one press release at a time, and no shoving through the gates for contracts.

So now, we await the arrival of other billionaires who won’t want to let themselves outdistanced in this new game with which they can amuse themselves at multiplying returns on their investments. Rebuilding a cathedral in Paris is an exercise for a small billionnaire. Big billionnaires are tackling the climate crisis head on. And zip – one billion here, another billion there, hurray for neo-plutocracy, money is the only real thing. You take Africa, I grab South America, who’s up for India?

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back to my writing I go.

(The illustration shows the wonderment experienced by Bezos – call him Zorro – discovering the fragility of our little planet. Like a kid, he was, in total awe.)

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