
Dans le champs des possibles…-
fleurissent des multitudes de fleurs de logorrhée gouvernementale, véritable festin pour tous les ânes, ânesses et ânons qui sont encore du côté de la rivière où se trouvent les vivants (il faut passer la rivière pour atteindre le cimetière qu’on aperçoit au fond.)
Cas de figures:
Dame Agnes Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre français de l’économie et des finances, dans un vaillant effort pour mettre fin à “la polémique sur la pénurie de protections pour le grand public” a produit le florilège qui suit: “Le champs des possibles est très large et nous regardons toutes les hypothèses : pharmaciens, mairies, grande distribution, buralistes, plateforme Afnor (quézaco? I don’t know), e-commerce, etc…il reste à trancher des questions: comment éviter un phénomène de surstockage par certains au risque de provoquer des ruptures locales d’approvisionnement ? Comment s’appuyer sur les collectivités locales ?”
C’est vrai. Que de questions dans ce foutu champs des possibles. Rien de tel que d’annoncer qu’on ne sait quoi choisir pour mettre fin à “la polémique de la pénurie.” Le petit four au chocolat ? avec crème au beurre ? Au caramel ? Au caramel et chocolat? Franchement, devant un tel champs des possibles, on ne peut qu’hésiter.
Mais qu’on se rassure. L’Europe n’est pas entre les mains d’un fou furieux qui en pleine conférence de presse se demande si ça ne serait pas une bonne idée de faire des injections à l’eau de javel, puisque ce désinfectant tue bien le virus sur les surfaces inertes… (Une excellente façon de devenir une surface inerte soi-même et de s’assurer un transfert direct de l’autre côté de la rivière, s’il reste encore des places au cimetière).
Non, nous sommes bien mieux servis en apprenant que les membres du conseil de l’Europe “suivent attentivement la situation…afin de se coordonner le mieux possible pour assurer une levée graduelle et ordonnée des restrictions…”
Cette belle déclaration me rappelle un instrument utile que nous avions élaboré à l’époque où j’étais attachée de presse ministérielle: il s’agissait d’un tableau donnant toutes les formules possibles d’introduction, de paragraphe central et de conclusion. Le tableau permettait l’élaboration d’un nombre quasi illimité de magnifiques communiqués de presse voltigeant au-dessus du champs des possibles…
(Je vous offre quelques chardons?)
In the field of possibilities… –
blossom any number of flowers of governmental logorrhea, a veritable feast for every male, female and baby donkey still on the side of the river where the living are found (you must cross the river to reach the cemetery you see in the background.)
For example:
Dame Agnes Pannier-Runacher, State Secretary to the French Minister of Economy and Finance, in a valiant effort to put an end “to the controversy over the shortage of protection for the public” produced the following piece worthy of an anthology: “The field of possibilities is very large and we are examining every hypothesis: pharmacies, city halls, surpermarkets, newspaper shops, Afnor platforms (no I don’t know what this is either), e-commerce, etc… we still need to make a decision: how to avoid overstocking by some that might risk causing local shortages in supplies? How to rest upon local communities?”
So true. So many questions in that damned field of possibilities. Nothing like announcing you haven’t made up your mind to put an end to the “controversy over shortages”. The chocolate petit four? the one with butter cream? Caramel? Caramel and chocolate? Frankly, faced with such a field of possibilities, one can’t help but hesitate.
But reassurance is on the way. Europe is not in the hands of a madman who, in the middle of a press conference wonders out loud if it might not be a good idea to inject bleach in one’s self, since this disinfectant kills the virus on inert surfaces. (An excellent way to become an inert surface yourself with a direct transfer to the other side of the river, if there’s any room left in the cemetery.)
No, we are much better served in learning that the members of the European Council ” will continue to follow the situation closely…and to coordinate as much as possible to ensure a gradual and orderly lifting of restrictions”.
This fine statement reminded me of the useful writing aid we had devised when I was a ministerial press aid: we had devised a chart listing possible introductory sentences, central paragraphs and closing salutations. The chart provided any number of fine press releases fluttering over the field of possibilities…
(May I offer you a few thistles?)