21.3.20

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21.3.20

Illustration : Promenade de santé près de la rivière, hier après-midi. Traces du passé au pied d’une ancienne mégisserie.

De retour chez moi, j’ai lu au sujet des mesures de “triage” que doivent s’imposer certains hôpitaux (pendant que les autres s’y préparent) en raison de l’accélération des cas de contamination au Covid-19. À 73 ans, on a beau savoir la ‘fin de vie’ plus rapprochée que son contraire, il n’y a rien d’agréable dans le fait d’apprendre qu’en raison de cet âge et de “pathologies pré-existantes” comme on dit, on fait partie des sujets qui seraient trier du côté des pertes, en raison des pénuries de lits et de ventilateurs. Place aux jeunes, on veut bien, en principe. En pratique, je suis certaine que je ne suis pas la seule “vieille peau” qui préférerait que le “triage” ne se produise pas de cette façon.

Je prends la mesure de cette constatation et de mon impuissance, et je plains le personnel médical qui se trouve acculé à de telles décisions.

Il n’est que 6h30. D’autres réflexions s’ajouteront peut-être plus tard.

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Si vous n’avez pas de souscription à Médiapart, ça serait peut-être le bon moment d’y songer, si vous pouvez vous le permettre.

Lu aujourd’hui par exemple: une entrevue avec  Frédéric Keck, auteur d’un livre sur “les sentinelles des pandémies” dont la publication est retardée pour cause de…pandémie. Ce qu’il raconte sur les rapports entre humains et non-humains et sur le stockage par les entreprises pharmaceutiques “de vaccins et d’antiviraux (qui) produit de la valeur économique dans un monde où les valeurs de coopération et de transparence sont pourtant essentielles”…

trouve plus que sa démonstration dans l’enfermement imposé aux migrants sur les iles grecques.  Et si vous vous sentez un peu à l’étroit chez-vous, sachez, à titre d’exemple, que dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos, prévu pour 6 000 personnes mais en abritant quelques 20 000, certains sections du camp n’ont qu’un seul robinet pour 1 300 personnes, une seule toilette pour 167 personnes et une seule douche pour 242 personnes. On peut trouver jusqu’à 6 personnes dormant dans un espace de 3 mètres carrés. Il va sans dire que le savon, les gels et les consignes de mises à distance ne sont que des vues de l’esprit. (Chiffres cités par le journal britannique The Guardian). Alors, s’il-vous-plaît, si vous ne pouvez rien faire de mieux que de ne pas vous plaindre si votre commerce préféré est à court de “vos” céréales, mâchez votre pain en silence, ça sera déjà bien.

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Ici dans le Tarn où il y a pénurie de masques, entre autres, des copines plus habiles en couture que moi (et munies de machines à coudre), se sont données le mot pour en fabriquer. Prochaine pénurie en vue (sur la ville, en tout cas): les élastiques souples.

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Illustration: A health stroll along the river, yesterday afternoon. Traces of the past at the foot of a former tannery.

Back home, I read about the “triage” some hospitals have to perform (while others ready themselves for it) due to the acceleration of Covid-19 contamination. At age 73, you  may well be aware that your ‘end of life’ is closer than its opposite, still, there is nothing pleasant in learning that because of this age and of “pre-existing pathologies” as they say, you belong to the category that would get sorted out into the disposables, because of shortages in beds and ventilators. Make room for youth, a principle to which we subscribe. But practically speaking, I’m sure I’m not the only ‘old biddy’ who would rather that the “triage” not occur in this manner.

I take stock of this realization and of my powerlessness, and I feel sorry for the medical staff forced into such decisions.

It is only 6:30 AM. Other thoughts may be added here later on.

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If you don’t have a subscription to Médiapart, this might be a good time to think about it, if you can afford the modest expense. (A good selection of articles are available in English translation).

Read today, for example: an interview with  Frédéric Keck, author of a book on “the sentinels of pandemics” the publication of which has been delayed for reasons of…pandemic. What he has to say about relationships between humans and non-humans and on the stockage by pharmaceutical firms “of vaccines and anti-viral agents producing economic value in a world where values of cooperation and transparency are nonetheless essential…”

… finds more than an illustration in the shutting-in imposed on migrants on the Greek islands. And if you feel a bit cramped in your space, note, as an example that the camp of Moria on the island of Lesbos, built for 6 000 people now shelters approximately 20 000. “…In parts of Moria, there is one water tap for 1 300 people, one toilet for 167 people and one shower for 242 people. Up to six people may be sleeping in 3sq metres (32 sq feet), a qurter of the size of an average parking space.”Needless to say, sufficient water and soap, and  social distancing belong to the world of make believe. So, please, if you can’t manage anything better than not complaining if your favorite store is all out of your favorite cereal, chew your bread quietly and that will already be an improvement.

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Here in the Tarn, there is a shortage of masks, among other things. Some of my buddies with better sewing skills than mine (and sewing machines) are busy making some. Next shortage (in this town anyway): narrow elastics.

 

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