
Confinement – Jour 1
“Par le peuple, pour le peuple”…Si ces mots dérivaient même à proximité des rivages de la vérité, de l’eau potable, une nourriture adéquate et un abri, avec des soins de santé pour tous formeraient la base de tout pays dont les leaders ont le mot “démocratie” à la bouche.
Non, je ne rêve pas, je ne fais qu’exprimer une évidence. Elle me paraît plus importante que de répéter “nous sommes en guerre” je ne sais combien de fois au cours d’une allocution de 20 minutes qui a paru plus longue du double.
(Ailleurs – aux Etats-Unis pour ne pas les nommer – les marchands d’armes signalent des pics de vente aux particuliers, et notamment de fusils d’assaut – par des habitants paniqués. Sans commentaire.)
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Le site web du ministère de l’intérieur est pris d’assaut, évidemment. Heureusement, j’ai trouvé la fameuse “attestation” qu’on peut recopier sous forme manuscrite (ça tombe bien, mon imprimante ne fonctionne plus). Pour le cas qui m’intéresse, il faut rédiger ce qui suit:
“Je soussignée…née le…demeurant…certifie que mon déplacement est lié au motif suivant : déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle.
Fait à…le…
Signature.”
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Dommage, je dois annuler les séances de lecture et d’anglais avec les jeunes, et la reprise des cours de cirque était annoncée. Poursuivre la marche sur fil de fer devra attendre (mais j’ai toujours mes balles de jonglage d’apprentie.)
Il y a pire, bien pire: il y a tous ces gens entassés dans des camps de fortune ou dormant dehors, “à la porte” de frontières cadenassées à double tour. Non seulement sont-ils les plus exposés à la contagion et à la mort, mais outre le caractère inexcusable et répugnant de leur abandon, il assurera des foyers persistants de contagion pour des mois et des années à venir… pour ensuite se faire reprocher d’être malades. Et vive l’intelligence légendaire de l’espèce humaine.
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Quant à l’écriture de l’histoire: les personnages et moi devont trouver un terrain d’entente. Nous n’aurons pas trop le choix, vu tout le temps que nous allons passer ensemble…
Confinement – Day 1
“By the people, for the people”… If these words even drifted close to the shores of truth, clean water, decent food and lodging, plus universal health care would be basic requirements in every country whose leaders spew the word democracy. Par
No, I’m not dreaming, only stating an obvious fact. It seems more important than repeating “we are at war”, I don’t know how many times during a 20-minute speech that felt twice as long.
(Elsewhere – in the United States, not to name them – weapons salesmen are reporting surges in sales to panicked individuals, notably of assault rifles. No comment.)
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The Ministry of the Interior’s website is taken by storm, of course. Luckily, I found the famous “attestation” you can recopy by hand (a good thing, since my printer no longer works.) The format being as follows:
“I the undersigned…born on…residing at…certify that my errand is for the following motive: brief excursions, near my home, for individual physical activity.
Signed at…on…
Signature.”
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Pity, I must cancel the reading and English coaching for the youngsters, and the circus classes were supposed to start again. I’ll have to wait in order to continue walking on the tight wire (but I always have my apprentice juggling balls – see above.)
There is worse, much worse: there are all those people crammed together in makeshift camps or sleeping outside, “at the door” of double-locked borders. Not only are they the most exposed of all to contagion and death, but other than the inexcusable and repugnant character of their abandon, they will ensure persistent clusters of contagion for months and years to come…only to be blamed for being ill. Hurray for humankind’s legendary intelligence.
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As for the story writing: the characters and I will come to some understanding. We won’t have much choice in the matter, seeing all the time we’ll be spending together…