
“Dimension horizontale” –
C’est le titre d’un documentaire de Roberto Della Torre qui sera présenté ce soir à 18h au cinéma Vertigo de Graulhet. Voici ce qu’il a à en dire dans sa présentation :
“Il y a quatre ans, j’étais à Rome pour animer un atelier d’éducation à l’image (Pocket film) qui est une de mes activités professionnelles.
À cette occasion, j’ai rencontré des occupants du Théâtre Valle, lieu d’expérimentation culturelle et politique qui construisaient un mode de gouvernance autour de la gestion de Biens communs.
Cette expérience qui ouvre le débat sur la question des espaces culturels, vu comme un bien commun, est l’élément déclencheur de ma démarche. Parallèlement, l’ouverture de ce lieu a coïncidé avec le vote du référendum sur l’eau publique et les débats sur les Biens Communs en Italie.
Cette actualité a fait partie des sujets de discussions avec mes amitiés italiennes de longue date. Par lesquels j’étais tenu informé de l’avancée de ce référendum.
“Dimension horizontale” est le résultat d’un an et demi de recherches et de repérage et 2 ans de tournage. Les Biens Communs se sont frayés un chemin entre l’Etat et le marché mais aussi dans le débat public. Ce sont des sociologues, économistes, historiens, géographes, spécialistes en Droit…qui nous offrent cette photographie, comme Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009. Je veux mettre en évidence avec “Dimension horizontale” les traits communs entre la gestion de l’eau, la culture et la démocratie participative.”
Ce qui ouvrira certainement plus de perspectives qu’un n-ième rabâchage des supposés grands de ce monde au sujet de leurs multiples niveaux d’irresponsabilité.
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En lisant Habiter en oiseau*, je me suis souvenue de ce beau passage dans Musicophilia d’Oliver Sacks**: “On m’a parlé un jour d’une vallée isolée, quelque part dans le Pacifique, où tous les habitants ont l’oreille absolue. J’aime à m’imaginer cet endroit peuplé d’une anciennent tribu des Neanderthals de Mithen, possédant un ensemble d’habilités exquises de mimétisme et communiquant dans une proto-langue aussi musicale que lexicale. Mais je soupçonne que la Vallée de l’Oreille Absolue n’existe pas, sauf en tant que belle métaphore de l’Eden, ou peut-être, comme une sorte de mémoire collective d’un passé plus musical.”
D’une façon ou d’une autre, j’espère que les métaphores l’emporteront toujours sur les tableaux de statistiques.
*Vinciane Despret, Habiter en oiseau, Actes Sud 2019
**Oliver Sacks, Musicophilia, Tales of Music and the Brain, Vintage Books, 2008
Illustration : “Mandala aux oiseaux” par Samia.
“Horizontal Dimension –
This is the title of a documentary by Roberto Della Torre that will be screened this evening at 6 PM at Graulhet’s Cinéma Vertigo. Here is what the film maker has to say about it in his presentation:
“Four years ago, I was in Rome to give a workshop on image education (Pocket film), one of my professional activities.
This is when I met the occupants of Valle Theater, a venue for cultural and political experimentation who were building a governance model around the management of Common Property.
This experience, opening as it does the debate on the question of cultural spaces seen as a Common Property, was the trigger for my undertaking. Parallel to this, the opening of this venue coincided with the referendum on public ownership of water and the debates concerning Common Property in Italy.
This has been part of my discussions with my Italian friends for a long time. They are the ones who kept me informed as this referendum progressed.
“Horizontal Dimension” is the result of 18 months of research and scouting for locations and 2 years of filming. The Common Properties have made their way between the State and the market, but also in the public debate. Sociologists, economists, historians, geographers, Law specialists, people such as Elinor Ostrom, Nobel prize for economy in 2009…offer up this photo. With “Horizontal Dimension”, I wish to draw attention to the commonalities between water management, culture and participative democracy.”
Which should certainly open up more perspectives than the n-th waffling by the so-called grandees of this world concerning their multiple levels of irresponsibility.
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Reading Habiter en oiseau*, I was reminded of this lovely passage in Oliver Sacks’ Musicophilia**: “I was once told of an isolated valley somewhere in the Pacific where all the inhabitants have absolute pitch. I like to imagine that such a place is populated by an ancient tribe that has remained in the state of Mithen’s Neanderthals, with a host of exquisite mimetic abilities and communicating in a protolanguage as musical as it is lexical. But I suspect that the Valley of Absolute Pitch does not exist, except as a lovely, Edenic metaphor, or perhaps some sort of collective memory of a more musical past.”
Either way, I hope metaphors will always win out on statistical tables.
*Vinciane Despret, Habiter en oiseau, Actes Sud 2019
**Oliver Sacks, Musicophilia, Tales of Music and the Brain, Vintage Books, 2008
Illustration: “Bird Mandala” by Samia.