Buridan revisité/Buridan revisited

 

DSCN4366Buridan revisité –

Buridan avait un âne. A son avis, l’animal lui coûtait “un pognon de dingue” en foin et il se dit qu’en lui réduisant sa portion peu à peu, l’animal s’habituerait à bosser à l’oeil. De toute façon, il trouverait toujours un chardon ou deux pendant dans la journée,  s’il tenait absolument à se nourrir.

Et, de jour en jour, Buridan diminua la ration de son âne qui continua à porter des charges comme si de rien n’était. Jusqu’au matin où Buridan venu bâter son âne le trouva…mort. “Zut,” dit-il,”une journée ou deux de plus, et il se serait passé de foin, c’t’animal!”

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La pratique est certainement illégale. Ce qui n’empêche pas que certains petits malins d’administrateurs dans la région ont décidé de la tenter quand même.

C’est-à-dire: de proposer à ceux et celles des artistes tirant le diable par la queue et inscrits de ce fait pour le revenu minimum assuré par le RSA (revenu de solidarité active) “d’améliorer leur sort” en participant à un programme dans lequel, sur une période de deux ans, l’apport du RSA irait en diminuant mensuellement, en fonction de revenus tirés de leur activité artistique. Revenu augmentant chaque mois, il va sans dire, on sait à quel point les oeuvres se vendent “un pognon de dingue” à Paris et ailleurs…

Et puis, à défaut, tout le monde sait à quel point les ventes d’oeuvres d’art sont soumises à un régime stable d’augmentations mensuelles. Conséquences de ce programme dont j’ai connaissance personnellement: un jeune homme qui se retrouve avec un versement RSA de 134 € par mois et comme sa voiture ne fonctionne plus, il ne peut même pas apporter ses oeuvres à quelque marché que ce soit, et un couple d’un certain âge se partageant la somme exorbitante de…150 € et se demandant s’il ne vaudrait pas mieux en finir avec la vie, et pas seulement avec l’activité artistique. Non, ces braves gens n’habitent pas au fond de la Sibérie, mais dans le Tarn, endroit au charme bucolique, certes, mais où les humains ne se sont pas encore habitués à manger des chardons.

Reste à espérer que les actions entreprises par certains et certaines entraîneront la remise à niveau du système d’aide minimale avant que, tel l’âne de Buridan, des gens crèvent littéralement de faim dans cette douce France, patrie de liberté, égalité, fr…enfin, bref, vous connaissez la chanson.

Illustration: peut-être que si Buridan avait équipé son âne de roues…

Buridan revisited –

Buridan had a donkey. In his opinion, the animal cost him “an arm and a leg” in hay and he told himself that, by reducing his portion bit by bit, the animal would become accustomed to working for nothing. Besides, the donkey would always manage to grab a thistle or two during the day, if he absolutely insisted on his right to feed himself.

So, day after day, Buridan reduced the donkey’s ration and the animal kept on working as if nothing had changed. Until one morning when Buridan came to to put his packsaddle on, he found his donkey…dead. “Drats,” he said, “an extra day or two and that animal would have no longer cost me a single penny!”

The practice is undoubtedly illegal. That hasn’t stopped a few clever administrators in the region to give it a try anyway.

Which is to say: offering those visual artists currently barely surviving on the minimum aid program known as RSA (active solidarity revenue) to “improve their lot” by participating in a program through which, over a period of two years, the RSA portion would diminish every month in terms of a fixed amount flowing from their artistic activity. Said artistic activity leading to a monthly increase in sales, and as everyone knows the outrageous sales prices in art galleries in Paris and elsewhere…

Everyone knows how, at the very least, the sale of works of art responds to a stable regime of monthly increases, yes? Of results to this program of which I’m personally aware: one young man now finds himself with an RSA revenue of 134€ per month and since his car no longer works, he can’t bring his work to any market whatsoever, while  a couple of a certain age now shares the exorbitant amount of…150€ and wonders if they shouldn’t simply put an end to it all and not only the artistic part. No, these fine people don’t reside in deepest Siberia but in the Tarn, a place of bucolic charm, no doubt, but where humans haven’t yet become accustomed to surviving on a diet of thistles.

We can only hope that actions now underway will bring the system back to a minimal distribution of aid before, like Buridan’s donkey,  people literally die of hunger here in lovely France, home of liberty, equality, fr… well, you know the tune.

Illustration: Perhaps if Buridan had equipped his donkey with a set of wheels…

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