“pochette-surprise”/”surprise package”

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“pochette-surprise” –

Au moment de déposer ma demande, c’est dans ces termes que le jeune homme m’avait décrit ce que je trouverais lors du renouvellement de mon titre de séjour: soit un renouvellement de dix ans ou…de deux ans ou…un refus.  Pourquoi? Disons que l’explication manquait de cohérence. Sa journée avait si bien commencé, m’avait-il confié, avec un jogging parfait avant d’arriver au travail et de découvrir que son imprimante déconnait. La galère, en somme. Je suppose qu’il sentait le besoin de déverser sa frustration sur quelqu’un, et comme j’étais là et vivante, de surcroît…

Et alors? Et bien, un renouvellement de dix ans, comme j’aurais dû m’y attendre. Sauf qu’une fois que le ver est introduit dans la pomme, il creuse. Me reste donc à éliminer l’anxiété accumulée et à m’habituer à l’idée qu’en principe, je suis ici jusqu’à la prochaine échéance – que ce soit celui de mon titre de séjour sur terre ou de celui en France.

J’apprends que les rencontres en temps réel entre des demandeurs d’asile ou d’autres  titres de séjour et des fonctionnaires seront bientôt à leur fin. Tout se fera sur internet dorénavant. Bonne chance à celles et ceux a) qui n’ont pas accès à un ordinateur et/ou dont la maîtrise de la langue est insuffisante. Quant aux fonctionnaires mis à pied, que puis-je leur dire sauf: bienvenue dans le monde des vraies pochettes-surprise (trouvera, trouvera pas – nouvel emploi avec ou sans imprimante fonctionnelle, avec ou sans la présence d’un autre être humain sur lequel déverser son trop-plein de frustrations, et cetera…)

“Surprise package” –

When I submitted my request, those were the words the young man  used to describe what I would find in my residency permit renewal: either a   renewal valid for ten years or… for two or…for none.Why? Let’s say the explanation lacked coherence. His day had started so well, he told me, with a perfect jogging session; then he came into work only to discover his printer was on the blink. The gulag, in other words. I suppose he felt the need to spill his frustration over to someone else, and since I happened to be the available warm body…

So? A ten-year renewal, as I should have expected. Except that once the worm is introduced into the apple, it digs. I now have to eliminate the accumulated anxiety and get used to the idea that, in principle, I’m here until the next redemption date – either the one for my terrestrial residency permit or for the one in France.

I hear face-to-face meetings between residency or asylum petitioners and civil servants will soon come to an end. Everything will be handled on internet. Good luck to those a) with no computer access and/or b) insufficient knowledge of the language. As for the laid-off civil servants, what can I say except: welcome to the world of real surprise packages (will find/won’t find a new job with or without a functional printer, with or without the presence of another human being on whom to spill surplus frustration, etc…)

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