
Suspendue –
Dans un des rêves, une bande de nazis organisaient un rallye où Trump était “l’invité vedette” parce que “certains d’entre eux étaient très gentils et ils avaient dit des choses très gentilles à son sujet.” (J’ajoute qu’il ressemblait à une célébrité décatie tentant un retour avec ses vieux airs dans des salles de province. Miteux, en d’autres mots, chacune des traces de ses rictus satisfaits fendillait le maquilage. Ce qui serait bien en temps réel, si ce n’était du fait que ça signifierait que les ploutocrates ont trouvé mieux pour distraire la galerie pendant qu’ils poursuivent leurs saccages.)
Sans rapport aucun:
Découpée dans une vieille revue de photos hier: un article en français avec le titre “Un cocotier tue deux passagers à bord d’un taxi”. À côté d’une photo d’un cocotier isolé le long de la mer, photographié depuis une voiture dans laquelle une croix se dandine au bout d’un chapelet. Imaginez ce pauvre malheureux cocotier, possédé par le diable et ne tenant pas compte du crucifix qui tente de le retenir, alors qu’il se jette sur le taxi et – toc, sur l’un, toc, sur l’autre – il tue ces deux malheureux passager…Qu’advient-il du chauffeur? Je ne sais pas. L’imprimé sur l’article était trop fin pour que je puisse le lire et le cocotier s’est enfui en mer. Interpol a lancé un avis de recherche. Quelqu’un prétend l’avoir aperçu à Hawaï mais – vraiment – qu’est-ce qui ressemble plus à un cocotier qu’un autre, je vous le demande. Mais il y avait aussi une jolie photo de gens du Mozambique se dirigeant vers un supermarché littéralement recouvert d’une affiche de campagne d’un certain Armando Emilio Guebuza souriant de toutes ses dents et les invitant tous à Vota Frelimo avec le slogan accrocheur de: Frelimo É que Fez, Frelimo É que Faz.
(Essayez à voix haute. Vous voyez? Le rythme. Vos épaules se mettent à bouger, les percussions commencent, bientôt rejointes par l’ensemble de l’orchestre et la scintillante chanteuse émerge du supermarché en scintillant et en chantant Frelimo mi corazao, Frelimo oh oh oh, Frelimoet cetera pendant qu’un essaim de jolies filles en collants de lurex distribue des sachets gratuits de farine de maïs emballés dans les couleurs rouge, bleu et blanche du Frelimo oh oh oh. Vota! Vota!)
Je passe beaucoup de mon temps ainsi, ces jours-ci: à feuilleter de vieilles revues en y découpant des images, en collant certaines dans un cahier de collages (les collages sur la page de gauche, l’écriture sur la page de droite – sans qu’il y ait un rapport entre les deux, nécessairement.)
Suspendue. J’attends des nouvelles sur le renouvellement de mon titre de séjour. Comme chacun sait, l’attente est un état qui place le moindre projet d’avenir en état d’apnée. Je connais des gens dont la vie entière a été placée en apnée. Vota vota, oh oh oh.
Suspended –
One of the dreams had to do with a bunch of Nazis organizing a rallye where Trump came to make a “guest star appearance” because “some of them are very nice people, and they said some very nice things about me.” (I should add he looked like an over-the-top celebrity attempting a comeback with his old hits on out-of-town circuits. Seedy, in other words, with every smirk line etched in and breaking through the makeup. This would be nice in real time, except it would probably mean the ploutocrats have found a better figurehead to distract the masses while they rampage away.)
Totally unrelated:
Cut out from an old photography magazine yesterday: a newspaper article with the heading: “Un cocotier tue deux passagers à bord d’un taxi” (A coconut tree kills two passengers aboard a taxi), next to a photo of a lone coconut tree by the sea, photographed from a car window on which dangles a crucifix at the end of rosary beads.) Imagine that poor, hapless coconut tree, possessed by the devil and ignoring the Cross attempting to hold it back as it tears into the taxi and – knock, one, knock, two – kills those poor hapless passengers…What happened to the driver? I don’t know. The print on the article was too fine to read and the coconut tree fled to sea. Interpol posted a search warrant. Someone claimed to locate him in Hawaii but – hey – what looks more like one coconut tree than another, I ask you? There was also a fine photo of people from Mozambique streaming into a local supermarket practically wrapped into a colorful campaign poster for one Armando Emilio Guebuza grinning away and inviting one and all to Vota Frelimo with the catchy campaign slogan: Frelimo É que Fez, Frelimo É que Faz.
(Try it out loud. See? Rythm. Your shoulders start to sway, percussions start up, soon the whole band will join in and the shimmering singer will shimmer out of the supermarket singing Frelimo mi corazao, Frelimo oh oh oh, Frelimo etc. with a bevy of beauties in lurex tights handing out free parcels of cornmeal wrapped in Frelimo oh oh oh Red, Blue and White. Vota! Vota!)
I do a lot of this with my time these days: leafing through old magazines, cutting out some images, glueing some into a notebook of collages (collages on the left-hand page, writing on the right. Not necessarily related.)
Suspended. I’m waiting for news on renewal of my residency permit. As everyone knows, waiting is a state of being that places all future plans in apnea. I know some people whose entire life has been placed in apnea. Vota vota oh oh oh.