Montréal/Montreal

Montréal –

Je poursuis mon voyage au pays des autres.

L’île des Soeurs (ainsi nommée parce qu’elle appartenait à la congrégation des Soeurs Grises) est à quelques encablures de l’île de Montréal. On a l’impression d’y être dans un quartier aisé de Genève. Parcs, verdure, sentier pédestre qui longe le fleuve. Condos et maisons (prix de départ: 1 million$). Les enfants y paraissent aussi propres et racés que les chiens (sauf que les premiers ne sont pas en laisse).

Dans l’autobus qui mène à la ville, les passagères sont en tenues qui semblent fraîchement sorties des boutiques de mode. Sacs, chaussures, coiffures: tout est impeccable. Seule ennui: sauf pour la coupe et la couleur des cheveux, elles ont l’air interchangeables. Après que la nature se soit tant amusé à faire des spécimens uniques, ça semble un peu dommage…

En ville, je m’arrête dans une librairie. Enfin, on y vend surtout des livres mais aussi …des objets de déco et des vêtements. (Question de convenance: faut-il choisir le livre assorti à son écharpe, ou l’écharpe qui met en valeur le livre?). Prix d’un café dans ce décor aseptisé: 4,35 $. On est bien loin du Mexique…

Un membre de ma famille m’héberge pour quelques jours. Elle est un peu la gardienne des photos et des souvenirs d’une tribu pour le moins dispersée et traversée par des désaccords et des malentendus massifs. Comme la plupart des familles de ce type, le malentendu fondamental repose sur la croyance que les différences sont inacceptables et irréconciliables – évidemment, elles le deviennent de par ce fait même.

Pour l’heure, je n’ai rien vu de Montréal qui soulève la moindre poussière de nostalgie au travers des vastes projets de construction/modernisation affairés. Quelques jours encore pour retrouver un écho de quelque chose un tant soit peu familier? Peut-être.

Montreal –

My trip to other-people-land continues.

L’île des Soeurs (Nuns’s Island, so named because it once belonged to the Congregation of the Grey Nuns) is at a few cables’ lengths from the island of Montreal. One has the feeling of being in a confortable Geneva neighborhood. Parks, greenery, footpaths along the river. Condos and homes (starting price: 1 million$). The children look as pedigreed as the dogs (except the former are not leashed.)

In the bus leading into town, the ladies seem to have stepped out of a fashion store. Clothes, handbags, shoes, hairdos: everything is impeccable. Only glitch: save for the cut and the color of their hair, they all look interchangeable. When you think nature had so much fun creating unique specimens, it seems like something of a shame…

In town, I stop in a bookstore. Well, it carries books, mostly, but also…coffee, decorative items and clothes.   (Etiquette question: must you choose the book that goes with the scarf, or the scarf that will complement the book?). Price of a coffee in this sanitized decor:    4,35 $. We’re pretty far from Mexico…

A family member is sheltering me for a few days. She is something of a guardian of the photos and souvenirs of a tribe the least of which you can say is that it is somewhat dispersed and roiled by massive disagreements and misunderstandings. Like most such families, the basic misunderstanding rests on the belief that differences are both unacceptable and irreconcilable – and, of course, they become so for that very reason.

For the time being, I have seen nothing in Montreal that causes a nostalgic dust to rise through all the busy-busy construction/modernization projects. A few more days to come across the echo of something somewhat familiar? Perhaps.

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