Monsieur le président…

Monsieur le président…-

Ce matin, vous avez sans doute uriné avant de faire votre toilette (rasage, douche à la température qui vous convient), avant d’enfiler vos vêtements propres. Vous avez petit-déjeuné (et je ne demande pas à Paris-Match de me dévoiler le menu). Puis, vous vous êtes préparé à “parler vrai” à ces “belles âmes” remplies de “faux bons sentiments”. Bref, vous vous êtes préparé à rencontrer certains de ceux qui vous emm… pardon, vous enquiquine au sujet des migrants. Qui, selon vous, sont soit aptes à la désignation “demandeurs d’asile”, soit de vulgaires “réfugiés économiques”. Ou, comme le dit si bien une des “belles âmes”, vous tenez à distinguer entre ceux qui ont risqué le parcours par crainte de “mourir de faim” et ceux qui l’ont fait par crainte de “mourir de la guerre”. (Encore qu’il faudrait voir. Quand la France renvoie en Afghanistan des gens d’une ethnie promise au massacre par une autre…).

Le “parler vrai”, monsieur le président, se mesure aux gestes. Les gestes, les “belles âmes” à travers la France sont à même de les constater. Disons, pour “faire simple”: l’argent consacré à la répression des gestes d’humanité parlerait beaucoup plus fort et “vrai” si elle était appliquée à une véritable politique d’accueil.

Mais voilà. Votre “parler vrai” ne s’adresse ni aux demandeurs d’asile, ni aux réfugiés, ni aux migrants, ni aux Français qui font face quotidiennement aux   incohérences inhumaines d’une politique détachée de toute valeur morale réelle. Faut-il s’étonner alors qu’un commentateur télé, dise à un invité: “Parce qu’il faudrait une politique qui soit morale?” comme si la chose était tellement ridicule qu’il faudrait s’essuyer les yeux à force de rire.

Récemment, une “belle âme” locale a soulevé la problème des hébergements d’urgence ici dans le Tarn. La dame de votre parti chargée du “parler vrai” local lui a répondu qu’il y avait des associations pour ça.  En vrai? Démerdez-vous, “belles âmes” – pardon, cessez de nous enquiquiner, l’Etat, c’est nous, nous savons tout et vous ne savez rien.”

Les “belles âmes” ne sont pas d’accord et ne sont pas prêtes de l’être. Vous n’en serez pas étonné.

Salutations distinguées de la part d’une “belle âme” qui se contente simplement de voir des gens là où vous parlez d’abstractions.

(post-scriptum: n’oubliez pas les lingettes pour vous essuyer les mains après la rencontre. La grippe court en ce moment.)

Illustration: photo de Serge Simon; j’appelle ma copie “Le monde à l’envers“)
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Monsieur le président…-

No doubt you urinated this morning prior to shaving and taking a shower at the temperature that best suits you, and then putting on your clean clothes. You had breakfast (and I’m not asking Paris-Match to reveal the menu). After which, you prepared to “tell it like it is” to the “fine souls” filled with “false good sentiments”. In other words, you prepared to meet some of those that piss you…sorry, bug you concerning migrants.   Migrants, according to you, who can either be designated as “seeking asylum” or nothing but vulgar “economic refugees”. Or yet again, as one of the “fine souls” puts it, you insist on distinguishing between those who risked their lives because they were “afraid to die of hunger” and those who risked their lives because they were “afraid to die from war”. (Although this would also need clarifying. When France sends back to  Afghanistan folks from one ethnic group exposed to massacre by another…)

“Telling it like it is”, monsieur le président, is measured by actions. Actions the “fine souls” across France witness every day. To put it simply: The money spent on repressing gestures of humanity would speak louder and “truer” if  applied to a real policy of inclusion.   

But your “telling it like it is” is not for the benefit of the asylum seekers, or the refugees or the migrants nor is it for the French people who deal on a daily basis with  the inhuman inconsistencies of a policy detached from all real moral values. Any surprise then, when a TV commentator says to a guest: “Because we should have a policy with morality?” as if the notion was so laughable we should all be wiping tears of mirth from our eyes.

Recently, a local “fine soul” brought up the problem of emergency shelters here in the Tarn. The lady from your party charged with “telling it like it is”  told him there were associations for that. Meaning? “Piss off, “fine souls”, – sorry – stop bothering us. We are the State, we know everything and you don’t know from nothing.”

The “fine souls” don’t agree and are not about to. No surprise there, I’m sure.

With distinguished salutations from a “fine soul”, who is simply content with seeing people where you speak  of abstractions.

(P.S. Don’t forget the hand wipes for after the meeting. A lot of flu going round.)

Illustration: photo by Serge Simon (I’ve titled my copy: Upside down world)

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