
J’habite une ville bien pentue. Moyen de locomotion: pedibus cum jambis. Nul besoin de que le médecin me rappelle les bienfaits de la marche: son cabinet est en haut d’une côte bien affirmée. La descente est plus facile.
C’est peut-être pour ça que la chanson au générique du film de Claude Miller La petite voleuse me tourne dans la tête depuis le matin:
“la meilleure façon d’marcher c’est encore la nôtre
c’est de mettre un pied d’vant l’autre et d’recommencer.”
Mais pas que.
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Déjà que les plus gentils et les plus mimis des étrangers ne trouvent pas nécessairement grâce aux yeux de nos dirigeants, pour ceux ou celles qui n’ont pas vocation à orner les rubriques “people” ou les fauteuils de l’Académie, il faut un peu plus que de la pommade de bons sentiments pour tenir le coup. (Je n’ai rien contre les bons sentiments, mais leur meilleure expression se trouve dans les gestes concrets d’aide, qui n’ont pas besoin de tonnes de paroles en garniture.)
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Ecriture de cette note interrompue par l’appel téléphonique d’un jeune dont les papiers attendent encore et toujours validation pour qu’il puisse débuter son boulot. Galère pour lui et pour le patron qui ne demande pas mieux que de l’embaucher, sachant à quel point le jeune est motivé et travailleur.
Il faut croire qu’ils ont beaucoup, beaucoup de réunions dans les services administratifs. Du moins, au téléphone, on se fait souvent répondre: “Je regrette, je dois vous dire qu’ il est en réunion en ce moment.” C’est bien regrettable, en effet.
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Allez, on reprend:
“Dans la troupe, y’a pas d’jambes de bois
y’a des nouilles mais ça n’se voit pas
la meilleure façon d’marcher c’est encore la nôtre…”
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The best way of walking
I live in a very hilly town. Means of transportation: pedibus cum leg oil. No need for my doctor to remind me of the benefits of walking: his office is at the top of well defined rise. The walk down is much easier.
Maybe that’s why the song from Claude Miller’s movie La petite voleuse has been turning in my head since this morning:
“ours is the best way of walking
you put one foot in front of the other, then you start over again.”
But not only.
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Even the sweetest and cutest of strangers don’t necessarily meet with our leaders’ approval, so for those whose vocation is not to decorate the “celebrity” newspaper columns or the armchairs at l’Académie, there’s need for more than a pomade of fine feelings to make it through the run. (I have nothing against fine feelings, but their best expression is through concrete actions; those don’t require tons of words as a garnish.)
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The writing of this note interrupted by a phone call from a young man waiting and waiting for the validation of his papers so he can start on the job. A major drag for him and for the boss who wants nothing more than to hire him, knowing how committed and hard-working he is.
I guess they have lots and lots of meetings in the administrative services. At least, over the phone, that’s what we’re often told: “I regret I must tell you he’s in a meeting at the moment.” Regrettable, indeed.
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Allez, once more with feeling:
“In our troop there are no wooden legs
there are noodles but they go unnoticed
ours is the best way of walking…”