Distractions

Distractions –

Je ne sais pas. Est-il absolument nécessaire d’avoir des copains qui habitent en Corée du sud pour se préoccuper des tirs nord-coréens de missiles (à tête nucléaire, présumément) en direction du Japon, et des bravades menaçantes d’un certain Kim Jong-un?

Est-il absolument nécessaire d’avoir des copains en Turquie pour se préoccuper de l’emprisonnement d’hommes, de femmes (et d’enfants) dont le seul délit est d’exprimer des opinions (ou de porter un T-shirt) qui déplaît à un certain Recep Tayyip Erdogan?

Faut-il absolument avoir habité aux Etats-Unis pour dénoncer les dérives fascisantes du grand admirateur de Benito Mussolini, un certain Donald J. Trump?

Je ne sais pas. La force du déni, peut-être. Et l’attrait des distractions.

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La personne qui distribue les programmes télé n’a cure de l’avis Pas de Pub! sur ma boîte postale. Comme je n’ai pas de télé, les sélections proposées pour ce jour, sur un total de quarante-cinq (45) chaînes, me permettent de constater que je ne rate pas grand chose. Un “documentaire” sur la “photo interdite” de la princesse Diana inconsciente sous le pont de l’Alma (photo “impubliable”, nous précise-t-on)? Ah bon. Si vous préférez un “documentaire” sur “la cité perdue des gladiateurs”, libre à vous, bien sûr. Ou la nième reprise de Chouchou et Loulou, tiens. Ou une bonne série d’enquête sur…bref, de la mélasse épaisse pour bien ralentir les neurones. J’imagine sans peine le zapping accompagné de jérémiades et les coups de chauffe si  un conjoint fait rater sa série préférée à l’autre. Pétage de plombs, au carré.

Evidemment, avec un gavage de malbouffe distrayante pour le cerveau, il ne reste pas beaucoup de place pour les informations à la dure ou (oserai-je écrire le mot), la p-e-n-s-é-e. Un exercice autre que le recyclage de la dernière opinion lancée sur un “talk show”.  Mais comme l’écrivait un commentateur à la suite d’une analyse dans un journal hier: tout ça était plutôt “intellectuel” et  difficile à comprendre. Ben oui, la vie est pleine de trucs compliqués. Aïe aïe aïe.

Mais bof. Voyons voir: “William et Harry parlent enfin !” de leur maman morte. Oh, désolée, ils ont parlé enfin… la semaine dernière. Raté.  Zut et mincitude au carré.

Distractions

I don’t know. Is it absolutely necessary to have buddies who live in South Korea to become preoccupied over the launch of North Korean missiles (with nuclear heads, presumably) directed toward Japan, and the threatening boasts of a certain   Kim Jong-un?

Is it absolutely necessary to have buddies in Turkey to become preoccupied over the jailing of men, women (and children) whose only fault consists in expressing opinions (or wearing a T-Shirt) that displeased a certain  Recep Tayyip Erdogan?

Must one absolutely have lived in the United States in order to denounce the fascistic driftings of that great admirer of Benito Mussolini, a certain Donald J. Trump?

I don’t know. The power of denial, maybe. And the attraction of distractions.

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The person who stuffs TV programs into mailboxes couldn’t care less about the NO ADS! posted on mine. Since I have no TV, the offerings for this day on a total of fourth-five(45) channels allow me to realize I’m not missing much. A “documentary” on the “forbidden photo” of Princess Diana unconscious under the pont de l’Alma (“unpublishable”, are we told)? Gee. If you’d prefer a “documentary” on “the lost city of the gladiators”, be my guest of course. Or the nth rerun of Chouchou and Loulou: that should be fun. Or a good investigation series on… in short, thick molasses to slow down neurons. I can easily imagine the zapping and kvetching and the hot spikes of conflict if one spouse causes the other to miss his or her favorite series. Power outage, squared.

Of course, with such a surfeit of distracting junk food for the brain, there’s not much space left for hard news or (dare I write the word?) t-h-i-n-k-i-n-g. A different exercise from recycling the latest opinion thrown out on a talk show. But as a commentator noted next to a “think piece” on a newspaper yesterday: this was pretty “intellectual” and  hard to understand.  Hm. Yes, life is full of complicated stuff. Oy oy oy.

Well, never mind. Let’s see:  “William and Harry speak at last!” about their dead mum.  Oops, sorry, they spoke at last… last week. Missed it. Golly shucks gee.

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