Cocodriles*

Je résume:

La chronique du jour nous apprend que Mme Fillon fixe la sonnerie de son réveille-matin à 6h30, mue par sa panique à l’idée d’une perquisition à domicile. Il faut donc comprendre:

a) qu’elle ne fait pas partie de la France qui se lève tôt (du moins, pas de façon habituelle)

b) que la perquisition à domicile qu’elle craint se déroulerait à une heure relativement civilisée

c) et que tout ça ne l’empêche pas de dormir puisqu’elle a besoin d’un réveil. (Comme disait une amie hier soir: nous, quand on se demande où trouver l’argent pour le loyer, la bouffe et les charges, on ne ferme pas l’oeil de la nuit.)

Mais passons au sujet des massacres – en évitant immédiatement la question fâcheuse des diverses théologies qui affirment toutes: Tu ne tueras point.

La chronique du jour m’apprend que larguer des bombes, c’est peut-être mal, mais c’est un mal qui nous veut du bien. Comprenez: au moment où des industries de pointe comme le confiseur Haribo, par exemple, choisissent de délocaliser leur production, il faut se préoccuper de l’emploi, et oui, et les bombes, ça se fabrique avant de se larguer (de préférence, au loin).CQFD.

Par contre, larguer des gaz toxiques, c’est pas bien du tout. On se le redit après le 116e ou 117e largage en question, mais s’il-vous-plaît, pas de pinaillage. Je suis bien d’accord que c’est horrible, inconcevable, immonde et tout le reste mais…je ne savais pas que les théologies précisaient “tu ne tueras point avec des gaz toxiques”. Comme je ne consulte pas les rapports annuels des industries de l’armement, je ne sais pas si certaines d’entre elles se targuent de fabriquer les poisons en question. Chose certaine, ils ont beau tomber du ciel, leurs fabriques se trouvent bien quelque part sur terre.

Mais aussi, quand un président – états-uniens ou autre -augmente son budget d’armement et offre de vendre ses joujoux aux  armées étrangères pour la plus grande gloire de sa main d’oeuvre locale, on se dit que ni la logique ni l’émotion réelle ne règnent au pays des cocodriles. (Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce mot, c’est la façon dont mes lointains cousins cajuns prononcent le mot crocodiles (comme dans l’expression: larmes de…)

L’illustration? Pas trouvé de “cocodriles’ alors va pour son cousin cubain.

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Cocodriles

I summarize:

The daily media tells us Mme Fillon (wife of the French presidential candidate) sets the alarm clock for 6:30 AM, so panicked is she at the thought of a raid on her home. We must thus understand that:

a) she is not part of the France That Rises Early (at least, not habitually)

b) that the raids she fears on her home would occur at a reasonably civilized hour

c) and that none of this keeps her awake since she needs an alarm clock. (As a friend said last night: when we wonder where we’ll find the money for rent, food and monthly expenses, we don’t get any shut-eye at all).

But let’s move on to the topic of massacres – after an immediate by-pass away from the annoying bit of various theologies all saying: Thou Shalt Not Kill.

The daily media inform me that dropping bombs may be wrong, but it’s a wrong for a right. You understand, when leading edge industries such as candymaker Haribo choose to delocalize, you must worry about jobs and yes, bombs must be manufactured before you can drop them (preferably, far away). QED.

However, dropping toxic gases is just plain wrong. These strong words come after the   116th or 117th dropping in question, but please, no quibbling.   Of course I agree this is horrible, inconceivable, disgusting, but… but I didn’t know the theologies specified “Thou Shalt Not Kill with Toxic Gases”.   As I don’t consult annual reports from the weapons industry, I don’t know if some of them boast of manufacturing these poisons. One thing is certain: they may fall out of the sky but the factories have to be somewhere on earth.

Also, when a President – of states united or any other – raises the budget for weapons and offers to sell them to foreign armies for the greater good of local workers, I tell myself neither logic nor real emotion reign in the land of cocodriles.   (For those who don’t know this word, it’s the way my distant Cajun cousins call crocodiles (as in the expression for the tears of same…)

The llustration? Couldn’t find  “cocodriles’ so I settle for a Cuban cousin.

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