Chanter, ré-enchanter

“Mais parfois, je ne sais pourquoi, un de mes moi desséché et endurci fredonne une mélodie dont la limpidité et la plénitude me vont droit au coeur, je reconnais cette voix qui vient des profondeurs de la terre ou du ciel et je me souviens de ce que je pensais jadis. Je comprends que j’entends encore et toujours cette mélodie sortie de rien et qui renaît en toute chose, s’enfle peu à peu et se propage, vague après vague. Mélodie qui prend un peu plus d’ampleur chaque fois qu’un homme se met en route, qui franchit les horizons et va vers le lieu qui vraiment l’appelle, vers un coeur errant, un coeur sans maître, le coeur de Personne.”

Asli Erdogan, Le bâtiment de pierre, récit traduit du turc par Jean Descat, Actes Sud 2013

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