1er novembre

C’est une tradition en France (je le précise pour les lecteurs qui sont d’ailleurs): le 1er novembre, jour de la Toussaint, on fleurit la tombe des personnes qui sont mortes et qui nous sont chères.

Alors, oui, ce poème de Victor Hugo pour ceux qui ont le luxe – je dis bien, le luxe – de pouvoir poser ce geste s’il a un sens pour eux. Mais aussi pour ceux qui fleurissent et honorent la mémoire intérieure de disparus dont ils seront toujours sans nouvelles.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

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