Ce qu’il y a de fascinant dans le ridicule, c’est qu’on aura beau faire et dire, jamais on ne parviendra à en explorer ni les combles ni les sommets. Il n’empêche qu’à certains moments… Ce matin, par exemple. J’ouvre la page internet de l’Obs où je suis à nouveau devant l’image d’une jeune femme qui tient à dévoiler ses parties dites intimes sous le tableau de Gustave Courbet, l’Origine du monde. Sur cette même page on m’invite à découvrir les derniers rebondissements dans “l’affaire Burkini”, et me triturer les méninges sur la véritable nature de la moralité dite laïque. Je suis de la génération où les curés nous vouaient aux géhennes si l’on regardait une photo de la Bardot en bikini ou d’Elvis en train de se déhancher, burkini pour soutane, plus examen gynéco, ma foi…je suis un peu noyée par ce foisonnement de perplexités.
Tiens, je crois bien que je vais me payer la lecture de La Pudeur, une conversation entre Adèle von Reeth et Eric Fiat, publiée chez Plon, où il serait question “d’une belle vertu passée de mode” qui ne serait ni de la pudibonderie, ni de la pruderie, ni cette ennuyeuse décence des dimanches empesés, mais une forme de gêne “qui participe aux joies du désir.”
Comme lecture estivale, ça me paraît tout à fait charmant.